Les Ténèbres envahissent les Lumières. Univers d'Harry Potter
 
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 Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]

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Basil O. Flaverty

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MessageSujet: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Jeu 5 Juil - 22:29

C'était apparemment un soir de semaine comme les autres. Pour Basil, après s'être brossé les dents et avoir fait chié quelques sixièmes année dans la salle commune, ceci signifiait qu'il ne devait pas se coucher trop tard. Les ASPIC approchaient maintenant dangereusement. On était quand même le 23 juin. Comment le temps pouvait-il passer si vite... Il y songeait vaguement alors qu'il se brossait les dents. Vaguement. Il crache.
Il retourne dans son dortoir, les autres sont déjà plus ou moins au lit, certains lisent dans leur pyjamas rayés. Basil, torse nu, claque la fesse de Liam à côté de lui puis se dirige vers son lit. 23h. C'est encore tôt. Mais raisonnable. Sa journée du lendemain n'est pas particulièrement chargée, mais il se sent à bout. C'est la fin d'année, tout le monde est à bout. Il aimerait pouvoir dormir toute la matinée, mais c'est impossible, alors il se couche plus tôt. Peut-être que ça y changera quelque chose. Il sait bien que non. Il clôt dans son dos les rideaux de son lit à baldaquin, et peu de temps après, les lumières de la chambrée s'éteigne. Visiblement, il n'est pas le seul à en avoir assez de cette fin d'année qui s'éternisait à cause des ASPICS qu'ils auraient tous. C'était des Serdaigles, quand même.

23 juin. Juin. Été. Un temps lourd, nécessairement.
Cette soirée ne déroge pas à la règle. Fin d'année difficile, nuages épais, chaleur épaisse. Une humidité languissante, tapie dans la forêt, prête à surgir sous des trombes d'eau de pluie. Basil n'était pas particulièrement pressé. Ce qu'il aimait, lui, c'était s'élancer sous le ciel bleu. Et là, au lieu de ça, il se roulait dans des draps moites, sa peau lui collait. Il avait chaud, et les soupirs étouffés qui lui parvenaient lui montraient qu'il n'était pas le seul. Perché tout en haut de la tour des Serdaigles, le dortoir n'était pas le mieux placé de Poudlard. La chaleur s'accumulait sous le toit, tout le monde savait qu'elle montait. C'était sympathique en hiver, mais en été, il aurait presque préféré se plonger dans la fraicheur d'un cachot. Là, il remuait, il avait chaud, ça n'allait pas.
Que faire, quand on ne peut dormir et qu'on a chaud, qu'on a dix-sept ans, et qu'on est... qu'on est toujours....
Basil se mord la lèvre inférieure, et presque instinctivement, sa main droite se faufile sous les draps blancs et bleus alors que, son bras gauche sous la nuque, il cherche une position plus confortable. Un filet d'air frais lui suffirait. Les respirations de ses camarades se calment. Ils s'endorment peu à peu, terrassés par l'accablante moiteur de la chambre.
Pas lui. Il pince les lèvres, les yeux grossis dans le noir, ne voyant que des peaux blanches et des seins nus qui se balancent devant lui, comme imprimés au plafond. Il retient sa respiration. Pas facile, le concept du dortoir. Ils en ont tous conscience. Et puis, d'un coup, les calques de son fantasme se métamorphosent. C'est comme une grande silhouette qui dégage celles des deux divines nanas. Un corps aux épaules larges, à la mâchoire carrée, aux cheveux qui tombent un peu au-dessus des oreilles, des yeux qui... Basil se mord alors si fort les lèvres qu'il en saignerait presque. Dorénavant, il ferme les yeux. Crispation souffreteuse. Délicieuse. Il...
Il y est presque.
Presque.

Un hurlement. Assourdissant. Fracassant. Immonde.
Comment le décrire ? Un gémissement suraigu qui s'élève des profondeurs de la tour. Le cri vient de la salle commune. Tout le monde l'a entendu. Le sang de Basil ne fait qu'un tour tant il sursaute avec violence. Lui-même en aurait presque crié de... d'étonnement. Il halète. Il transpire.

Merde alors, merde !

Si ce n'est jurer, que faire d'autre ?
Il réajuste à la vitesse de la lumière le bas de jogging qui lui sert de pyjama et écarte les rideaux. Les garçons sont déjà tous levés, tous prêts, la baguette à la main. Il s'est passé quelque chose. Des cris qui glacent le sang s'élèvent, de plus en plus fréquents, de plus en plus forts. Mais pourquoi les oiseaux gueulent-ils ainsi ?
Basil tire sa baguette de sous son oreiller. Il est toujours torse nu et a la chance de son habileté : son jogging est impeccable, et qui irait, à cet instant précis, fouiner dans ses draps ?
D'un coup d'épaule, il se rassérène. C'est mieux. Il est à nouveau lui, la tête froide, prête à tout encaisser, le corps tendu, prompt à réagir. Les vieux Serdaigles qu'ils sont s'interrogent un instant du regard, puis, très vite, ouvrent la porte, se jettent dans le colimaçon et déboulent dans la salle commune. Là, des gamines se tiennent aux fenêtres. Il en sort des dizaines d'autres des dortoirs, des garçons les suivent. Elles gueulent. Qu'est ce qu'elles peuvent gueuler...
Basil s'approche. Son cœur bat.
Et là, dans le ciel, se dévoile, tel une aurore boréale, l'immense, la gigantesque marque du Seigneur des Ténèbres. Elle est resplendissante de brillance, tout le ciel verdoie autour d'elle. Sublime. À couper le souffle. À s'étrangler. Durant une seconde entière, Basil en reste bouche bée. Il ne l'avait jamais vue en vrai et Dieu sait à quel point il n'aurait pu, à quel point personne n'aurait pu, s'attendre à la voir surgir ainsi, dans une nuit grouillante d'humidité et d'une chaleur qui collait aux peaux.

Il repense rapidement à des articles qu'il a pu rapidement parcourir sur les déclarations du célèbre Harry Potter. Mais l'actualité, à dix-sept ans, à Poudlard, c'était si loin.... et tout devient subitement si réel ! Il n'en revient pas.
Mais son égarement ne dure pas davantage. Il le sent. Il va y avoir baston. Et ça. Ça c'est top. L'adrénaline monte immédiatement, droit dans son cerveau, là, juste entre ses deux yeux qui se mettent à briller davantage, d'une lueur inquiétante. La raison ? Évaporée. C'est comme si la peur et la testostérone baignaient dorénavant Poudlard, et ça, c'était bon pour lui. Il a cependant la décence de ne pas ricaner bêtement, mais son regard se tourne irrémédiablement vers Liam.

Mec... Je crois qu'y va y avoir de quoi faire...

Il sourit. À cet instant, impossible pour Basil d'avoir la moindre pensée pour sa petite sœur qui traîne quelque part dans le château, impossible de penser à sa tante et ses trois enfants qui sont morts, quinze ans auparavant, impossible de songer aux dizaines, aux centaines de morts, à la cruauté implacable des Mangemorts. Il ne connaît plus le danger. Il n'y a plus que le château, et les sensations grouillantes d'intensité qu'il s'apprête à lui offrir.

On va pouvoir casser du Mangemort, mec.
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Liam McAvoy

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Ven 6 Juil - 15:34

Une nuit chaude de début d'été. Chaude ? Moite plutôt. Comme si soudain le château avait quitté l'Europe pour prendre des vacances – bien méritées – sous les tropiques. Difficile de faire quoi que ce soit par un temps pareil et la fin de journée n'était pas pour rafraîchir l'atmosphère. Liam s'économise donc au maximum durant le jour, afin d'éviter de se doucher toutes les deux heures. Tous semblent d'ailleurs ralentis, élèves comme professeurs, et paradoxalement hyperactifs. Bon les ASPICS approchent, c'est un peu stressant, la dernière ligne droite avant la fin de l'innocence, et les délicieux petits déjeuners des elfes. Pourquoi ont-ils tous si hâte?!
Le jeune homme est un peu exaspéré ce soir. Toute la journée il a eu à faire à des jeunes gens sur les nerfs, qui courent dans tous les sens, gigotent et sont « super à la bourre dans les révision!! ». Cauchemar. En plus de ça, on lui reproche de ne pas bouger le petit doigt, comme si la terre entière devait ne penser qu'aux examens en fin d'année. Complètement malade. Lui ne vient embêter personne ! Même Basil le fatiguait parfois et il avait le sentiment que c'était assez réciproque. Le stress se greffait sur une énergie déjà exacerbée et le manque de réaction de Liam a aussi le don d'énerver. Vivement les vacances quoi.

Dans le dortoir déjà encombré par la testostérone, la chaleur est écrasante. Mais pudeur oblige, un caleçon est requis. Celui de Liam est noir et assez large.
Les premiers élèves commencent à se coucher, histoire d'être « en forme demain ». Son meilleur ami est de ceux-là, mais qu'à cela ne tienne, il est beaucoup trop tôt pour dormir ! Le Serdaigle sort son paquet de cigarettes de son sac, en sort une et la regarde un instant. Il sait que ça va en agacer plus d'un : les asthmatiques, ceux qui détestent l'odeur et les emmerdeurs qui aimeraient bien savoir fumer. Tant pis. Il ouvre la minuscule fenêtre présente dans le dortoir, s'accoude à son rebord, penché en avant, entremêlant ses pieds. Un coup de baguette et la clope s'allume. Il inspire profondément et laisse nonchalamment la fumée ressortir par sa bouche et son nez.

Le ciel est clair et on ne voit que la lune.
Oscar s'approche, un quatrième année qui discute de temps en temps avec Basil et lui. Ce type est assez sympathique, quoique très laid et d'une timidité maladive. Liam et lui entament une conversation. Enfin Oscar parle et Liam fait semblant d'écouter, comme toujours. Il s'agit de filles...Sûrement. Soudain il s'arrête. Alerté par le silence, le jeune homme lui jette un regard. Le petit Oscar est en train de reluquer sa cigarette avec une envie non dissimulée. La moitié manque déjà, alors Liam la lui tend.

Tiens, prends la fin, je vais me coucher.

Il tourne les talons pour aller rejoindre son lit, à côté de Basil. Il ne voit pas la tête que fait le petit bleu et argent, mais il tousse comme un débutant. Marrant.
Il s'étale de tout son long sur la couverture, passe ses bras derrière sa tête et fixe le plafond avec intensité, comme s'il allait lui révéler les secrets de l'univers. Il ne pense à rien. Vide. Non, apaisé et quasiment prêt à dormir. Mais avant, il tend l'oreille, histoire de savoir si son pote dort. Rien. C'est bizarre, d'habitude Basil ronfle quand il arrête enfin de parler. Bon...

Après un soupir d'aise, il ferme les yeux, se laissant bercer et entraîner dans les abysses du sommeil.
Mais soudain un cri. Suraigu et hyper désagréable. Seul un être mort de terreur ou déchiré de douleur peut émettre un son pareil, si toutefois il s'agit bien de quelqu'un...
D'un bond, Liam se lève comme tout le reste du dortoir, direction la salle commune. Dans l'agitation le jeune homme parvient tout de même à enfiler un jean qui traîne par terre, probablement pas le sien mais heureusement à sa taille. Il embarque sa baguette et sort.
Un attroupement de filles et de garçons paniqués s'est formé, si bien qu'il ne comprend pas tout de suite quelle est la raison de tout ce vacarme. Mais dès qu'il la voit, il se fige. C'est bien ce qu'il croit ? Il n'en a jamais vu en vrai et surtout pas d'aussi prêt. La marque, Sa marque comme on dit.

Liam ne peut détourner le regard, comme fasciné et attiré vers elle. Certes c'est sinistre et sa signification fait froid dans le dos, mais quand même. Un tel concentré de puissance c'est inhumain ! Et assez excitant.
Pendant ce temps, Basil s'est rapproché de lui et a dit quelque chose, mais il ne l'a pas vu, pas entendu, trop absorbé par le spectacle qui s'offre à eux. Le silence s'installe et son ami lui file un coup de coude dans les côtes, pour le sortir de sa torpeur. Le réveil est difficile et le jeune garçon a l'impression de revenir de très loin, d'un monde bien plus agréable.

Liam toise son ami avec plus de mépris qu'il ne l'aurait souhaité. Il lui paraît soudain tout petit. Comment peut-il avoir l’outrecuidance de croire qu'il a la moindre chance face à un serviteur du mal ? Ces gens sont bien plus forts que la moyenne, comme exceptionnels. Il n'en a jamais parlé à son compagnon, mais il est depuis quelques temps attiré par cette force, ce chemin différent où il a le sentiment qu'une place l'attend. Parce que même s'il n'y accorde pas autant d'importance que les autres, Liam se demande ce qu'il va bien pouvoir faire de sa vie. Et le mal – qu'il pense un peu discriminé – semble être la solution à son problème.
Une jeune fille avec qui il a discuté récemment le lui a dit en tous cas et ses arguments tenaient parfaitement la route. Aussi Liam n'exclut pas cette possibilité et la remarque de Basil ne lui plaît pas, son air suffisant encore moins !

Arrêtes Basil !

Le ton est assez sec.

Déjà t'as aucune chance, ils vont te massacrer la tronche et puis il serait temps de grandir, ces types ne sont pas différents de ceux qui prétendent faire le « bien ». Tout le monde se fait une fausse idée de ce que font les Mangemorts et Voldemort. Alors ne soit pas si condescendant.

Il n'en revenait pas de lui avoir dit tout ça. Mais la chose était faite et mettrait certainement leur amitié en péril...
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Basil O. Flaverty

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Sam 7 Juil - 22:55

Comment expliquer l'étrangeté de ce qu'il est en train de se passer, sous leurs yeux à tous. Comment expliquer l'irréalité de ce sentiment qui gagne lentement les cœurs, une impression insaisissable qui ne ressemble ni à de la peur, ni à de l'agressivité. Pas même de l'appréhension ou de la terreur. Juste l'extraordinaire sensation de vivre quelque chose d'unique. D'être témoin d'un événement tellement hors du commun qu'il marquera aussi bien les esprits, les mémoires, que le temps lui-même. Le temps. L'Histoire. Ils sont les témoins directs, les êtres vivants qui assistent au retour des Mangemorts et du Seigneur des Ténèbres après près de quinze ans d'inactivité, et pour cause ! On le pensait mort ! Tous les élèves de Poudlard, à cet instant précis, sont uniques. Ils auront le privilège d'être des actants immédiats de la vie des sorciers. Privilège d'existence. Le regard sera braqué sur eux. Ils existeront.
Et alors, comment pourrait-on ne pas comprendre l'excitation croissante, dévastatrice, qui envahit peu à peu, tranquillement d'abord puis de plus en plus vite, le corps frêle de Basil Flaverty. Pour lui, Serdaigle parmi les milliers de générations d'étudiants qui l'ont précédé depuis des millénaires dans le travail d'usure des lits du dortoir de la tour, quatrième enfant d'une famille de sept, énième petit-fils de grand-parents complètement noyés par les petits enfants, adolescent comme il y en a tellement à ne plus savoir qu'en faire, dans une petite vie paisible, à se baigner entre les cours, les filles et les copains, pour lui, Basil Oscar Flaverty, ce n'est pas uniquement un privilège hors du commun. C'est l'appel divinement historique qu'il attendait. L'appel de l'unicité. Exister, c'est être unique. Être quelqu'un, être soi, mais surtout, être unique. Spécial.
Bien sur, tous les étudiants de Poudlard, ainsi que leurs professeurs, seront spéciaux, ce soir-là, et combien sont-ils ? Un peu moins de deux cents. Mais par rapport à la masse, le flot immense de toute l'humanité qui se déverse aussi bien sur terre que dans l'histoire, faire partie de ces deux cents personnes, c'est déjà énorme.
Il est évidemment à noter que le jeune élève de Poudlard qu'il était à cette heure de la nuit, encore amochée de son sommeil, et surtout de son plaisir, tronqués, n'a pas la moindre idée consciente de la portée de cet instant sur sa vie, et même sur son propre inconscient. À cet instant précis, Basil n'est qu'une boule de nerf, un concentré d'énergie que la frustration et l'épuisement d'une journée bien remplie exacerbe. Il flotte hors de son corps mais n'a pourtant jamais autant existé, n'a jamais autant su savourer le plaisir de plier et de déplier ses cinq doigts autour de sa paume calleuse.

Et c'est pourquoi les mots de Liam lui percent les tympans. Ils sont durs. Mauvais. Sourds. Et surtout : incompréhensibles. Et ce regard ! Ce regard. Liam est plus grand. Certes. Mais de quel droit le regarde-t-il de haut ? Et depuis quand ? Mais ces mots.... ces mots... Basil fronce les sourcils. S'agit-il encore de Liam ? Comment leurs avis peuvent-ils différer à ce point sur un sujet si sérieux... ?
Un sujet sérieux.... Le bien, le mal... Basil se croirait dans un roman d'héroic-fantasy, presque dans la Bible, s'il en avait entendu parler ! Mais de quoi parlait-on réellement ? Des gens étaient morts, des gens allaient mourir, et la seule façon de faire en sorte que cela n'arrive pas, c'était de foncer dans le tas et de tabasser tous les méchants avec n'importe quel moyen. Ça, c'était le fun absolu. La baston. À cette idée, le rictus de Basil se transforme en un sourire goguenard et l'un de ses rires les plus innocents s'échappent de sa gorge. Ce n'est pas le plus tonitruant, une forme de décence l'en empêche, et de toute manière, le brouhaha de la salle commune est-elle qu'on ne l'aurait pas vraiment entendu. Mais Liam ne bronche pas, et ceci l'inquiète.

Nan mais t'es pas sérieux, Liam, qui c'est qui t'a fourré des idées comme ça dans le crâne ?

Il ne se sent pas spécialement trahi, puisqu'en fait, les deux larrons n'en avaient jamais parlé, alors Liam ne revenait aucunement sur la moindre déclaration qu'il aurait pu faire un jour. Mais c'est juste que tout avait l'air si évident pour Basil qu'il ne peut pas comprendre. C'est ça, le problème principal. La compréhension.

C'est pas une question de bien ou de mal.

Basil réfléchit rapidement. Il n'a même pas envie de convaincre Liam, ce n'est pas son rôle. Il n'a qu'à penser ce qu'il veut. Mais Basil aurait adoré se lancer dans la bataille avec son ami de toujours à ses côtés. Et non pas se battre contre lui. Pas pour de vrai. Ses pupilles s'arrondissent légèrement et sa bouche se crispe autour de ses incisives alors qu'il cherche quelque chose à dire.
Il ne trouve rien. Rien à dire. Il n'a même pas envie de dire quoique ce soit. Il se sent écœuré. Pas trahi. Écœuré. Pas nécessairement de Liam. Il est juste dégouté de ce qu'il entend. Dégouté d'entendre ça dans la bouche de Liam. Car ce n'est pas Liam qui peut dire ça. C'est impossible. Les systèmes rationnels de relation logique qui font coïncider Liam avec le discours des Mangemorts, Basil ne les saisit pas. Et pourtant, il n'est pas foncièrement un idiot. C'est juste incompatible. C'est juste que Basil refuse de le voir.
Bien sur ! Bien sur que ce ne sont pas ses oignons, ce que Liam peut penser ! Bien sur ! Mais il y a des choses avec lesquelles on ne rigole pas ! Non, Liam ne peut pas se moquer ainsi de Basil lorsqu'il s'agit de se prendre une bonne rigolade en tabassant quelques ennemis communs ! Et ça n'a plus rien de drôle s'il s'agit de se blesser mutuellement. C'est ça le problème.
Alors que faire ?
Le sang de Basil ne fait qu'un tour.

Tu comprends rien, t'es vraiment trop con.

Ça n'a aucun rapport. Pas le moindre rapport avec quoique ce soit. Mais cette phrase ponctue bien l'élan de Basil qui se jette sur Liam et le pousse de toutes ses forces vers le centre de la salle commune, un peu loin de la foule.
La force brute, la violence bête. C'est exactement ça. Pas envie de réfléchir. Juste envie de montrer à Liam qu'il n'est pas d'accord.
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Liam McAvoy

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Dim 8 Juil - 11:49

Ils ne sont pas du même avis. Pas du tout. C'est surprenant sans vraiment l'être. Étant amis depuis si longtemps, ils n'avaient jamais abordé ce sujet pourtant si essentiel à la survie de leur relation. Ne pas choisir le même camp induit forcément se retrouver face à face pendant les affrontement, au lieu d'être côte à côte. On ne peut pas avoir des rapports cordiales avec une personne qui se débat pour détruire ce en quoi vous croyez. Mais ça Liam ne le sait pas encore, ne l'a pas envisagé...
Vu la tête que lui fait Basil, il comprend néanmoins qu'au delà de la surprise, il y a beaucoup de dégoût. Mais qu'est-ce qu'il y peut ? On lui demande son avis, et lorsqu'il le donne on n'est pas satisfait ! Incroyable.

L'idée que les forces du Mal ne sont finalement pas si « maléfiques » est assez récente dans l'esprit du jeune Serdaigle. C'est en partie l'oeuvre de Malia, une Serpentarde en septième année. Le tableau est simple : elle vient d'une famille de Sang Pur, de la haute société, pro-Voldemort et Mangemorts de génération en génération. Un jour qu'il fumait sa cigarette dans le parc du château au lieu d'aller en cours – impossible de se rappeler de la matière – elle l'avait abordé, lui taxant sans vergogne une de ses clopes. Ils avaient donc fait connaissance et discuter pendant plus d'une heure. C'est elle qui avait évoqué ses « préférences », expliquant à Liam pourquoi elle faisait ce choix là.

Le Seigneur ne veut que la paix, considère que la supériorité des vrais sorciers doit être respectés et qu'ils méritent tous d'avoir les meilleurs places dans notre société décadente avait-elle dit comme s'il s'agissant d'un conte raconté aux enfants.

Comment savait-elle que Liam était un Sang Pur ? Il l'ignorait totalement. Mais ses arguments lui paraissaient totalement recevable, lui qui avait toujours cherché ce qu'il pourrait bien faire après Poudlard, trouvait grâce à leur « Seigneur » une voie facile et tracée.
Elle poursuit :

Tu me sembles être quelqu'un d'intelligent et doué – référence aux sorts qu'il a pu jeter avec Basil, de plus en plus sophistiqués – alors pourquoi t'enfermer dans un monde où personne ne reconnaît ton potentiel et ne te perçoit à ta juste valeur ?

Elle marque beaucoup de point en flattant le petit ego primitif du jeune homme. Malia presse les boutons « réussite sociale », « pouvoir », « vie facile » et le convainc facilement. Un peu trop sans doute.

Suivre cette voie lui paraît désormais la meilleure chose à faire, la facilité. Mais après tout, Liam n'a jamais eu la prétention d'être courageux. Il serait à Griffondor sinon ! Serdaigle lui a tendu les bras, c'est qu'il est rusé et intelligent, dans une certaine mesure. Aucun remord donc.
La seule chose à laquelle il n'a pas pensée, c'est que Basil ne pourrait pas complètement faire partie du monde qu'il veut rejoindre, n'étant que Sang-Mêlé. Sa logique n'avait pas non plus prise en compte qu'être de ce camp, incluait de tuer tous ceux qui s'opposeraient. Basil, par exemple.
Il ne lui avait jamais parlé de cette rencontre avec Malia, son meilleur pote s'assombrissant dès qu'il lui parlait d'une demoiselle qu'il fréquentait depuis qu'il lui avait confié être encore vierge. Pas sûr que Basil voit la délicatesse dans son silence...

Sa réaction ne se fait pas attendre. Il s'énerve. Beaucoup. Pousse Liam en dehors de la foule affolée par ce qu'elle voit dans le ciel, pendant que les plus téméraires commencent à organiser leur défense. La rage qu'il éprouve est palpable dans l'air, enveloppe Liam et lui serre la poitrine, comme pour le broyer. Mais pas question de se laisser faire ! Basil veut se battre ? Et bien ils vont se battre ! Le combat qui les attend tous dehors peut bien attendre quelques instants leur présence.

T'es ridicule mec.

Pour argumenter, il le pousse en retour, suffisamment fort pour qu'il chancelle. Afin de ne pas tomber, il se retient à l'accoudoir d'un fauteuil. Liam est énervé à présent. Il ne sait pas pourquoi sa haine prend de telles proportions. Il la sent circuler dans tout son corps, par le biais de ses veines, plus forte que tout le reste. Il se sent partir complètement, ne plus être lui-même. La colère prend le dessus, il devient Colère. Lui pourtant si calme et patient. Il pense soudain à Terry, sa petite sœur. Il ne sait pas où elle est, ce qu'elle fait. Cette petite Poufsouffle suffisamment débile pour se jeter dans la mêlée, un peu comme Basil.
Ça l'énerve encore plus.

S'en est trop. Sans plus pouvoir réfléchir, telle un animal en furie, il se jette sur Basil, avec l'envie de l'étrangler, de le faire taire et accepter ce qu'il a à lui dire. Il se penche en avant et le charge, comme au rugby (sport qui leur aurait plu s'ils avaient été Moldus). Son élan lui permet de soulever un Basil extrêmement léger. L'adrénaline se charge du reste. Il le plaque contre un mûr à l'autre bout de la pièce, manquant de l'embrocher au passage. Lorsqu'il se redresse, son pote s'écrase par terre, le choc est fort. Il pointe sa baguette sur lui, tellement prêt qu'elle frôle son nez. C'est la première fois qu'il pointe une arme de ce genre sur Basil. Leurs échanges s'en tiennent habituellement aux mains. Mais Liam est comme fou. Il souffle, a des difficultés à reprendre son souffle.
L'étrangeté de la situation le saisi. Il devrait le tuer. Tuer son meilleur ami, la personne qu'il apprécie certainement le plus en ce bas monde. C'est ça le métier de Mangemort, tuer les gens, sans aucune exception, pour se sacrifier à la « cause ». Mais quelle cause ? Ah oui, la soif inextinguible de pouvoir et de vengeance d'un individu qui a perdu son âme depuis trop longtemps. C'est moins alléchant d'un coup.

La visage de Liam se crispe. Il est tout rouge et encore plein de colère. Mais cette fois, il s'en veut à lui même plus qu'à Basil. Se rendant compte que sa baguette est toujours dirigé vers son ami, il la baisse, encore tremblant. La laisse tomber sur le sol.

Merde !

Ceci étant dit, il donne un coup de poing magistral dans le mûr, y laissant un trou de la taille d'une pomme. Il sait cependant que la conversation n'est pas terminé, même s'il a baissé sa garde, des représailles sont à attendre de la part d'un Basil blessé dans sa chair et son âme. D'ailleurs même s'il comprend qu'il ne peut pas faire partie du Mal, le Bien ne le tente pas non plus, il n'y a pas sa place...
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Basil O. Flaverty

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Lun 9 Juil - 8:43

Basil se sent prêt à se battre, prêt à hurler. Il est prêt à s'enflammer. Ses mâchoires se tordent, son visage se tend et ses yeux brûlent. Il ne reconnaît plus son ami, il voudrait le défigurer. Et ce n'est pas vraiment la véritable nature de Basil que de vouloir faire mal. Faire vraiment mal, en tout cas. Observer l’œil de l'être haï s'écarquiller de terreur, rongé par une souffrance indescriptible, à la fois sourde et bouillante. Comment Basil pourrait-il avoir envie de voir son meilleur ami se tordre de douleur à ses pieds ? Et bien parce que lorsque Liam tient de tels discours, il n'est plus Liam. Basil en est intimement convaincu. Il le sent. Il le veut. C'est un autre qu'il lui parle, il ne peut accepter que cet homme soit son ami. Comment a-t-il pu croire si longtemps en lui, partager autant de confiance, de complicité, de rire, avec un homme qui croit en l'infériorité d'un sang de sorcier souillé par celui des Moldus, un homme qui croit en sa propre supériorité que lui a seulement conféré une naissance aléatoire parmi tant d'autres ? Comment un tel discours peut-il être soutenu par un être rationnel ? Soutenu par Liam.. !
Basil n'est pas un Gryffondor, et il sait pourquoi. Son insurrection face au Seigneur des Ténèbres et à ses discours ne viennent pas de bêtes convictions familiales, d'un bourrage de crâne béni par les forces du bien, de manière aussi hasardeuse que, de l'autre côté, des jeunes sorciers se sont vus inculquer les valeurs du Mal par leurs propres familles. Ces éducations parallèles, aucun sorcier n'a pu y échapper complètement, mis à part les nés-moldus. Il s'est trouvé que Basil était tombé du côté face : le bien. Mais ce n'était pas ça qui lui valait, ce soir-là, de se dresser contre son meilleur ami. Car s'il avait du choisir, il aurait probablement abandonné la tradition familiale pour partir s'éclater aux milieux de ses potes, et surtout aux côtés de Liam. Ce n'était pas ça. D'un point de vu réfléchi, avec un tant soit peu de pensées rationnelles, le discours de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom n'était pas acceptable. Il pouvait berner des êtres irréfléchis, mais ce n'était pas le cas du Serdaigle qu'il était. Fonder son action sur une prétendue hiérarchie de sang parmi les sorciers n'avait pas de sens. Il en était lui-même une preuve! Liam également ! Ainsi que chaque étudiant à Poudlard ! Basil était Sang-mêlé, mais il était tout de même à Serdaigle, et ses notes n'avaient rien de déshonorant pour la maison des Bleu Argent. Et Liam, tout Sang-Pur qu'il était, et s'il faisait lui aussi partie du haut du panier, n'était pas encore, lui non plus, un génie absolu en matière de magie. Il avait ses faiblesses et ses points forts. Comme tout le monde. Il y avait pléthore d'autres exemples, encore plus parlant, dans les autres maisons : que dire du niveau des Serpentards alors que la plupart d'entre eux se disaient Sang Pur ? Que dire des Nés-Moldus de Serdaigle qui explosaient toutes les moyennes de classe alors qu'à leur arrivée en première année, ils ignoraient encore qu'il était possible de voler sur des balais ? (ce qui, soit-dit en passant, n'était pas davantage tolérable selon Basil, même pour des enfants de Moldus.)

Sincèrement, c'est cette argumentation, fondée sur une logique réfléchie, convaincante, ainsi que sur des preuves dues aux faits, que Basil aurait voulu balancer à la face de son meilleur ami. Et même, il aurait apprécié d'écouter le démantèlement de sa propre démonstration, afin, peut-être, d'y voir plus clair. Peut-être même qu'il pouvait se tromper, il n'était pas infaillible, d'autant plus que, bien sur, son sang n'était pas pur.... De quoi rire jaune.
Mais la bouche de Basil ne s'ouvre pas, il ne dit pas un mot, il n'y parvient pas. C'est idiot, de n'être qu'un garçon, de perdre son sang-froid et ne plus vouloir discuter. Tranquillement. Ne plus vouloir que foncer dans le tas, expulser son trop plein d'énergie, de rage. En cognant. Évidemment. En cognant.
C'est lui qui l'a poussé.
La salle commence à se vider dorénavant, personne ne fait attention à eux. Les seuls qui auraient pu rompre la paroi de la petite bulle de leur règlement de compte personnel, c'était leurs compagnons de dortoir, mais ceux-ci n'étaient pas suffisamment idiots pour s'en mêler. Aussi ne firent-ils pas le moindre geste et, comme les autres Serdaigles, passèrent leur chemin. Les « grands » et les téméraires sortaient, les autres restaient collés aux fenêtres. Que faire d'autre quand on ne savait que déverrouiller des portes et faire voler des plumes ?
C'est lui qui l'a poussé. Comment dire. S'il voulait discuter, c'est lui qui a perdu. Perte de contrôle absolu. C'est la chaleur. La soirée. Tout brûle d'un aura funeste. L'effet Mangemort, très probablement. Basil a déjà oublié leur présence hautement possible dans le château. Pour lui, ce qui se joue entre Liam et lui, c'est presque plus grave. L'un des fondements de sa vie, quand même. Il s'attendait à une réponse musclée de Liam. Aucune surprise. Il s'en fout de ce qu'il peut lui dire. C'est con, mais seul les faits comptent. Encore une fois, ce sera au plus fort, n'est-ce pas ? Pourquoi s'encombrer d'un débat, d'une réflexion. Il y a divergence, donc il y a violence. Ça coule de sens. Même Basil ne voit rien d'absurde ou d'abruti là-dedans. Dans le fond, il est trop heureux de pouvoir saisir Liam à bras le corps, de sentir ses muscles s'étirer sous sa peau, de frémit sous les effluves de testostérone. Tout ceci lui a toujours beaucoup plus. Mais là, même si c'est pour de vrai, il y a comme confusion entre ces gestes, mille fois répétés dans les couloirs, pour des broutilles, pour le plaisir de se taper dessus, il y a confusion avec la gravité des propos qui se tiennent. Des enjeux.

Liam lui fonce dessus. Rapport poids puissance particulièrement élevé. Basil chancèle et se rattrape, par réflexe, au bras d'un fauteuil. Même pas mal. À peine sonné. Il relève immédiatement le regard, prêt à se défendre, à passer à l'attaque. Liam a l'air trouble. Énervé. Enfin, vraiment énervé. Basil a le temps de sourire, de se dire que tout n'est pas simple dans la tête de son camarade si un affront de son humble part, de lui, pauvre Sang-Mêlé, déclenche une telle rage. Ce manque de neutralité vis-à-vis de lui et de ses opinions le satisfait. Et c'est pourquoi, dans un mélange confus de sensation et de pensée de ce genre, il a le temps de sourire. À peine le temps.
Il sourit, mais ne voit surtout que la masse, soudain énorme, de Liam qui se précipite sur lui. En partie, c'est avoir provoqué cette vitalité complètement incroyable de la part de son compagnon qui fait sourire Basil. C'est con.

Le choc est net. Précis. Rude.
Après s'être brièvement senti soulevé, sans pouvoir rien y faire à son grand désarroi, le mur interrompt avec efficacité cet élan. Le sien comme celui de Liam. Mais c'est lui, Basil, qui prend. Sa tête heurte dans un bruit mat la pierre et, sans qu'il y puisse quoique ce soit, des petits points noirs viennent obscurcir son regard. Il se mord la lèvre inférieure avec force et conviction pour se maintenir dans un état de lucidité suffisant pour ne pas avoir l'air complètement débile. C'est comme au ralenti, pour lui. Liam le lâche, et il s'écroule avec lenteur. Il contemple son effondrement dans un bouillonnement intérieur terrible. Il s'en veut, d'abord. Et puis il n'a plus qu'une idée en tête, comme c'est souvent le cas quand celle-ci tourne un peu trop, et ce qu'il veut, c'est rendre coup pour coup à Liam. Ça, ça lui fera du bien, et de toute façon, il l'a cherché.
Il mord toujours sa lèvre, garde les yeux fixés sur le sol, pendant que de ses doigts il se masse lourdement les temps. Sa tête lui pèse. Elle résonne. Il ne la sent que trop. Elle lui pèse. Résonne.
Il la masse dans ce qui lui semble un temps plutôt long, jusqu'à ce que Liam pointe sa baguette sur lui. Comme il regardait le sol, c'est la pointe du morceau de bois, qu'il voit d'abord. Ses mains cessent leur mouvement circulaire, et il lève lentement les yeux, pour dévisager l'autre.
Il n'en revient pas. Ses dents lâchent enfin sa lèvre et celle-ci s'entrouvre furtivement. Il a le cerveau vide, creux, qui résonne et lui fait mal. Même pas la peine de réfléchir. Tout est finit, alors. C'est ça, que cherchait Liam ?
Basil ne bouge pas. En fait si, il a déjà envoyé une cinquantaine d'ordre aux divers membres de son corps, un coup de poing par-ci, un coup de pied par-là, mais il n'y a aucune réaction. Tout est trop rapide autour de lui pour qu'il puisse agir dans le même temps que celui de Liam. Ah, s'il pouvait se séparer de son cerveau....

En fait, la pensée que Liam puisse le tuer n'effleure même pas Basil. Pour lui, c'est impossible. Il n'a pas peur. Il se sent trahi, il veut se venger, il s'enflamme dans son immobilité, mais il n'a aucune idée de ce qu'il se passe alors dans la tête de celui qui se disait son ami. Les conséquences, Basil s'en fout. Il n'y a que des gestes, des actions, et ce qu'elles induisent sur les rapports de force. Et cette insolente baguette qui le domine, pour Basil, c'est une humiliation. Une humiliation grave. Intolérable, et que de toute manière il ne s'apprêtait pas à pardonner.
Et puis merde alors, est-ce que toutes ces années passer à faire des rouler-bouler dans l'herbe, à faire les pires conneries, à se taper dessus, est ce que tout ça, ça ne comptait pas du tout ? Est-ce que c'est une malheureuse lumière verte dans la nuit qui peut envoyer en l'air tout ça ? Est-ce que Liam est à ce point faible et influençable ? Non ! Basil n'a pas pu se tromper à ce point sur ce le choix de son ami ! Il faut le secouer, qu'il revienne à la vie ! De tels enjeux, ça dépasse un bête combat entre le bien et le mal, merde !

La baguette finit par tomber. Basil n'y comprend rien. Il s'en fout. Sa lucidité revient, et son sang ne fait qu'un tour. Alors qu'il est encore à terre, il donne un rapide coup de pied dans la baguette et l'envoie valser quelque part dans un coin de la pièce, puis il se jette sur les genoux de Liam et parvient à le faire tomber. Basil veut lui faire ravaler sa fierté. Pas le tuer, ce n'est pas son genre, mais lui faire payer. Tout, tout, tout ! Même si c'était pour rire, même s'il s'apprête à virer de bord, peu importe ! L'amitié c'est sacré, il y a des choses auxquelles on ne touche pas, et Liam est allé trop loin. Pointer sa baguette sur lui ! Sur lui ! Mais dans quel monde vivons-nous ?! C'est n'importe quoi !
Basil voit clair, et ça va mieux. Le temps s'accélère, ou plutôt retourne à sa « vitesse normale ». Lorsque le visage de Liam lui fait face, quelque part plus ou moins en-dessous de son propre visage, Basil le frappe. Si sa lèvre explosait sous l'impact, il en serait content. Il ne dit rien. Il ne sait pas quoi dire, pas quoi penser. Il veut juste frapper Liam et penser qu'il comprendra. Il frappe encore. Puis le secoue par les épaules, et rompt déjà la promesse qu'il s'était faite à lui-même. Peut-être que s'il ne gueule pas, il va pleurer. Ou exploser de rage. Il explose :

Réfléchis, réfléchis, réfléchis !


Si, habituellement, la voix de Basil n'est pas déjà des plus claires, là, celle-ci s'embrouille sous la colère et s'éraille avec violence.

Comment tu peux faire ça ? Mec ! Réveille-toi !
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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Lun 9 Juil - 21:32

Ce qui devait arriver arriva. Ne jamais baisser sa garde et encore moins laisser sa baguette à portée de main. Voilà ce qu'on lui avait appris durant toutes ces années et ce qu'il lui en restait. Il est comme résigné, prêt à subir ce qu'il mérite sans broncher. Comme capable de se frapper lui-même si la sentence ne vient pas assez rapidement...pas assez brutalement. La colère l'a désormais totalement quitté, presque aussi rapidement qu'elle était arrivée. Une décharge d'adrénaline emplie de violence qui l'avait vidé de toute son énergie, de sa capacité à réfléchir.
La réplique de Basil ne tarde pas et elle est à la hauteur de ses attentes. Plaqué sur le sol, il perçoit plus qu'il ne voit distinctement le visage de son agresseur. Les coups de poing sur son visage fusent, de plus en plus vite, comme s'ils étaient voués à ne jamais s'arrêter. Liam n'était plus que douleur, il ne ressentait rien d'autre. Vide. Si, il entendait les os de son visage craquer sous les coups, l'arrête de son nez se tordre et ses dents se déchausser. Beurk ! Heureusement que la magie soigne – presque – tous les mots.

Résigné, Liam attend que ça passe. Il ne partage pas le point de vue de Basil, lui qui se sent beaucoup plus à l'aise dans leur société. C'est étonnant en un sens. Liam est plus grand, plus massif et a déjà copulé. Pourtant il sent chez son meilleur ami une féroce envie de vivre dans leur monde, de le « sauver » s'il est attaqué, envers et contre tous. Lui s'en tape complètement de leur univers. Il aurait aimé que ce dernier l'accepte et l'aide à trouver une place qui l'intéresse et le motive un peu. Mais ça n'a pas été le cas...
Le Serdaigle n'est pas apte à reconnaître le point de vue de Basil. Cependant il ne se débat pas parce qu'il s'en veut. À mort. Il ne se pardonne pas – d'ailleurs son pote ne lui pardonne pas non plus – d'avoir failli utiliser la magie contre lui. Elle ne rentrait jamais dans leurs bastons. Proscrite. D'un parce qu'elle peut être trop dangereuse et incontrôlable, de deux parce qu'ils sont assez stupides pour qu'elle le devienne vraiment ! Penser à l'utiliser est déjà un crime en soi, une trahison. C'est comme si Liam avait franchi la ligne, avait pensé à lui faire vraiment mal.
Les coups s'arrêtent de pleuvoir sur lui après un temps qui lui paru une infinité. Après les bleus et les ecchymoses, le « secouage » d'avant en arrière l'air de dire « Réveiiiiiille-toi !!!! ». Inutile et douloureux. On lui ordonne de réfléchir. Même si c'est sous le coup de l'émotion, c'est stupide. S'il pouvait distinguer autre chose que de vagues formes colorées, Liam culpabiliserait encore plus, vu la tête que fait Basil, penché sur lui.

Cette scène lui rappel son enfance. Alors que sa mère, folle de chagrin après le départ de son père, tentait de lui expliquer pourquoi elle était « tout le temps triste ». Il ne comprenait pas. Ne voulait pas comprendre. Il faut être stupide ou avoir fait quelque chose de vraiment mal pour qu'on vous abandonne (c'est ce qu'il pensait à l'époque, du haut de ses 5 ans) et faible pour pleurer. Sa mère lui avait collé une gifle amplement injuste et l'avait secoué en lui disant les mêmes mots, certainement sous l'emprise de médicaments. Elle avait fini par s'excuser de s'être « énervée contre son petit ange », comme elle le fait à chaque fois. Et après on se demande pourquoi Liam n'est pas fort en sentiments !
Cette pensée le fait rire. D'abord parce qu'avec du recul, c'est drôle mais aussi parce c'est le début d'une longue série. Pas étonnant qu'elle se soit retrouvée toute seule...ça aussi il avait dû lui dire. Fils indigne. Bref il est toujours allongé sous Basil, le visage tuméfié, à se faire hurler dessus.

Wow, seule pensée qu'il peut exprimer.

Il parvient miraculeusement à repousser son bourreau de meilleur ami et se redresse. Ses côtes lui font mal et il ne sent quasiment plus son visage. Lèvre ouverte, œil au beur-noir, il crache même une de ses dents sur le sol froid de la Salle Commune.
Il ne dit rien. Pour ça il faudrait savoir quoi dire, être percutant et avoir une bonne excuse pour s'être comporté comme un con. Remarque il en a des tonnes, mais aucune envie de les déballer à présent. Le château a de fortes chances d'être envahi et la seule chose à laquelle il pense c'est s'allumer une cigarette. Leur dispute est plus grave qu'à l'accoutumée, mais s'en est une quand même. Sa théorie ? Un clope après l'amour et une après la bagarre. Sorte de tradition.
Le jeune amoché porte la main à ses poches. Dans la précipitation, il a mis un jean qui ne lui appartient pas. Manque de bol, peu de personnes fument dans le dortoir...Agacé par la situation il se laisse retomber sur le sol. Est-ce si difficile d'avoir toujours une cigarette de secours dans sa poche ? Remarque après leur « accrochage », ses chances de survie sont quasi-nulles.
Un petit accio suffirait à faire venir son paquet, gentillement posé sur sa table de chevet. Un détail : Basil l'a fait valser il ne sait où et même s'il a retrouvé une partie de ses facultés visuelles, aucune chance qu'il la retrouve avec le monde encore présent, la face collée à la fenêtre, semblant attendre une mort prochaine.

Désolé pour...

Il veut dire « la baguette » bien entendu, mais le son de sa propre voix le glace d’effroi. Elle est chevrotante et très faible, comme si ses cordes vocales avaient été touchées pendant leur règlement de compte musclé. Il déglutit en grimaçant, s'attendant à ce que ça lui pique le fond de la gorge. Rien de bien méchant. Et puis il aurait aimé que Basil termine sa phrase pour une fois.

...tu sais. Pour la baguette !

L'air ahuri de Basil l'agace. Il tente de faire un pas vers lui en présentant des excuses – rarissime ! - et son ami ne semble pas s'en apercevoir.

Hey, t'aurais pas une cigarette ?

Peut-être est-il prématuré de demander quelque chose à quelqu'un qu'on vient de projeter contre un mûr. Bof, il verra bien. C'est quand même Basil, Son meilleur ami. Ce type qui ne le quitte pas depuis des années, qui le comprend et accepte sa personnalité. Enfin jusqu'ici. Si Liam prend le temps de lui expliquer sa façon de penser et lui dire qu'il n'est pas naturellement mauvais, il sait qu'il comprendra. Espère en tous cas...Enfin tuer, torturer, discriminer et terrorisé, il en est parfaitement incapable – bon, si Terry ne compte pas. Pourquoi avoir plus ou moins orienté son choix vers le mal ? Plus facile, accessible et moins prise de tête. D'accord, il n'a pas pris tous les facteurs en compte ni réaliser entièrement ce que ça incluse, mais on lui a bien dit qu'il DEVAIT choisir. Comme s'il ne pouvait pas se barrer sur une île à l'autre bout du monde, Basil dans sa valise et vivre très heureux sans toutes ces conneries !
On accuse les gens d'être bipolaires, mais c'est notre société qui l'est. Gentil ou méchant, blanc ou noir, fromage ou dessert. Encore des conventions débiles pour vieilles chouettes frustrées ! Voilà qu'il s'énerve à nouveau. Basil doit comprendre ça.
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Basil O. Flaverty

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Mar 10 Juil - 19:50

Ses ongles sont plantés dans sa paume. Ils tremblent à peine, s'enfoncent dans la peau calleuse. Ses phalanges rougissent. La peau rougit, des gouttes de sang la constellent. Merde alors, comment expliquer ça. Et à qui l'expliquer. Peu importe. Il l'aime trop ce sang. Le faire couler, c'est toujours un plaisir, un moment de détente, de rigolade. Allez savoir. Mais là, il est d'un rouge haineux. Un sang qui ricane face à la faiblesse, l'air de dire : Tu dis que tu te bats pour le bien, mais regarde tes mains. C'est quoi, ça ?
Basil ne s'arrête pas de frapper. Mais en fait, seuls ses quatre, cinq premiers coups ressemblaient véritablement à quelque chose. Finalement, il se contente de serrer ses propres poings avec une dureté qui lui fait mal, dans le poignet, qui lui arrache la peau des paumes, mais il frappe plutôt avec mollesse. Pas très convaincu. La vérité, c'est qu'il a rarement l'occasion de donner plus de trois coups d'affilée, sans interruption. Même sonné, même abruti par l'alcool et autres substances, il est peu de fois où Liam est à ce point défoncer qu'il ne peut même pas riposter. Et alors. Et alors à quoi bon s'embêter à le frapper ? Ça perd tout son piquant, et Basil préfère se contenter de le pousser. Quand il est amoché à ce point, il suffit d'une pichenette pour le faire tomber dans la fange des caniveaux de Pré-au-Lard. Et ça, c'est un spectacle délicieux. À pleurer de rire. Pas facile à atteindre. Mais ô combien plaisant. Basil se souvient de quelques soirées mémorables, durant lesquelles jamais ne l'effleurait le moindre scrupule à faire boire et fumer son ami pour pouvoir le mettre dans l'état suffisant à la réalisation de ce petit plaisir.
Basil reste à cheval sur le torse de Liam, inerte. Soudainement fasciné par les traces de sang qui recouvre ses mains. Gâchis de sang, dans le fond. S'il y a guerre, il y aura suffisamment d'occasion de le faire couler, ce sang. Mais celui de Liam... Peut-on faire couler le sang de Liam pour une autre raison que l'amusement absolu ? On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans, le cœur fou robinsonne à travers les romans... Qu'est-ce d'autre que leur vie, si ce n'est une histoire ? Y a-t-il de quoi en mourir ? Est-ce qu'on veut en mourir ? Et n'est ce pas mourir que de choisir un camp ? Ne pas choisir. Quand on doit choisir, c'est qu'on n'a déjà plus le choix. On l'apprend bien assez tôt. Mais est-il vraiment trop tard ? Est-ce déjà trop tard... ? À dix-sept ans... Que faire du sérieux. Morosité. Ennui. La bataille, la guerre, des affaire de vieux. C'est pour ça qu'on y meurt. Ce n'est pas la place des étudiants de Poudlard, et c'est une honte, un sacrilège ! d'en avoir fait son champ de bataille. De quel côté de la ligne se place quand on onze ans ? C'est absurde. Absurde.

Basil secoue doucement la tête. Comme dans un autre monde. Durant une unique seconde qui s'étire, laissant le temps à tant de questions se bousculaient derrière ses yeux. La douleur lancinante de sa nuque revient peu à peu, à mesure qu'il émerge de sa colère.
Et c'est dur.
Parce que Liam, il aurait voulu le frapper encore longtemps. Il y a encore tant de rage, tant d'énergie dans le creux de son ventre. Mais à quoi bon, si c'est pour taper sur un sac mou. Autant se branler avec des gants de boxe. Tss. Mais Liam sait faire le mort suffisamment longtemps pour calmer Basil, semble-t-il. Quelques minutes passent et les coups cessent, ses bras s'affaissent. Puis Liam le repousse, sans même avoir besoin d'y mettre trop de force. Un brin de volonté. Basil reste assis, immobile, appuyé contre le fauteuil dans son dos. Il suit du regard Liam, qui se relève.
Berk. Pas beau à voir le Liam. Basil se surprend lui-même. Il ne pensait pas y avoir été aussi fort. Marche difficile, œil bleuâtre, ecchymoses, lèvres enflées, dent éjectée. Du beau boulot. Et ce n'est pas pour lui déplaire. Il tourne vivement la tête pour observer à nouveau ses mains sales et un sourire idiot apparaît sur ses lèvres. Ouai. Pas mal. Pas mal du tout. Mais c'était difficile de se faire une idée, puisque Liam n'avait pas vraiment posé de problèmes. Cela dit, c'est lui qui avait commencé, alors... Basil s'arrêta sur cette idée d'une belle victoire.

Il y a comme un blanc. Un instant de flottement. Basil se jetterait bien encore une fois sur Liam, mais celui-ci n'a pas l'air beaucoup plus réactif. Il erre, chancèle, se rassoit. Pas très percutant. Il a l'air perdu. Basil s'éteint. Plus de pensées, ni de réflexions. Il n'attend même pas d'excuse, en fait, parce que ça ne suffirait probablement pas. À dire vrai, ce serait trop facile. Et ça. Basil n'aime pas ça. Surtout pas la facilité. Il ne veut même pas réfléchir à quel devrait être le comportement approprié de Liam. Puisqu'en fait. Il n'y en n'a pas vraiment. Pas ce soir en tout cas. Ce soir... Quelle soirée étrange, anormale... Tout est déréglé ce soir... Et pour longtemps, apparemment. Mais bon. Peut-être que demain matin, tout ira mieux. Qui sait.

Basil regarde distraitement Liam. Curieux ce jeans. Ça ne lui dit rien. Un peu serré. Ça lui fait un de ces culs.
Basil ricane, l’œil hagard. Il est tendu comme la corde d'un arc. S'il s'écoute, il va tout envoyer valser. Il n'est pas encore vidé, toute cette histoire n'est finie. Ce n'est qu'un temps mort, histoire de laisser à Liam l'occasion de se remettre de ses émotions. Lesquelles, d'ailleurs ? Basil aimerait bien le savoir. C'est lui, lui, qui devrait être choqué, lui qui s'est fait écrasé sans raison contre un mur, et trahi, par dessus le marché,par son meilleur ami. C'est lui qui a eu une putain de soirée éprouvante. Sérieux. Ce n'est pas fini. Remet-toi Liam, fume ta clope, et puis tu vas voir. Tu vas voir.
Les mots tombent avec lenteur, et Basil les reçois presque avec étonnement. Des excuses. Tiens donc. Liam se ferait schizophrène ? Sérieusement. Qu'est ce que ça voulait dire. À quoi jouait-il encore. Méchant. Pas méchant. Basil, ça l'énervait. Hautement. Il n'avait pas envie d'être pris pour une bourrique. Pas ce soir.
Il serre les poings, enfonce la tête entre ses genoux, refermant les genoux autour de ses mentons. Ça lui fait un peu mal. Il serre plus fort. Sa mâchoire tremble. Basil ne voit même pas que Liam n'a pas l'air bien. Ses dialogues, ses problématiques intérieures, il en est très loin. Il fait trop chaud pour penser, compatir, se mettre à la place de l'autre. Est-ce que c'est ce que Liam a fait, d'ailleurs ? Se mettre à sa place ?

« Tu sais. » Bien sur qu'il sait. Qu'est ce qu'il croit. Les règles, même tacites, jamais dites, ils les connaissent très bien tous les deux. La baguette, c'est la mort. Ça lui fait mal, à Basil, c'est tout. C'est même pas la question d'être trahi. C'est de se dire : Il a voulu me faire du mal. Du MAL. Et ça lui fait un mal de chien. Parce que Liam, pour Basil, parce que Liam... Liam c'est.... C'est Liam. Le Pote, le frère. L'acolyte absolu. Est-ce qu'il suffit d'un peu de magie noire, ou blanche, peu importe, pour que tout ça vole en éclat ! Rien qu'un conflit extérieur, et c'est fini, plus de confiance ! Malgré les années, les conneries, les délires, ce qu'on a construit c'est tellement fragile...
Ses dents s'enfoncent à nouveau dans sa lèvre et il ferme les yeux, son front se plisse. Il veut qu'il la ferme, sa gueule. Les mots ça n'excuse rien. Il veut le défoncer, et peut-être que ça ira mieux. Oui, c'est même certain, ça ira mieux.

Et c'est pourquoi il se relève violemment, dans une fureur qui lui gonfle le visage et il éructe. Il gueule :

La ferme ! La-ferme ! J'en ai rien à foutre de tes excuses, tu m'entends ! J'm'en fous ! Je m'en fous !

Il parle rapidement, puis détache ses mots, mais il beugle. Heureusement, la salle est presque vide, mais quelques gamines restées dans un coin en quête de commérage se retournent. Ce n'est pas nouveau dans le décor de la salle commune de voir Liam et Basil s'engueuler. Aussi, elles ne remarquent surement pas toute la particularité de l'affrontement. Heureusement.
Basil voudrait pouvoir sauter par la fenêtre, se retrouver dans le parc, et courir. Courir jusqu'à tomber d'épuisement. Il sent qu'il déborde, il... il ne sait plus que faire de son corps, de ses mains... Il veut juste enrager, s'exciter, se survolter jusqu'à ce que ça passe. Ça lui arrive, des fois. Si seulement Liam acceptait la bagarre... Et ce refus ! Qu'est-ce que ça l'énerve !
Fébrilement, il sort de sa propre poche de jogging une cigarette qu'il balance au visage de Liam dans un cri enragé et, tout en posant brutalement le briquet qui l'accompagne sur la table basse près de la cheminée, il continue à mugir.

Et tu sais quoi ? Tu sais quoi ! J'en ai rien à foutre non plus de tes problèmes de conscience, Bien, Mal, j'en ai RIEN A FOUTRE !

Sa voix siffle, il ouvre grand les yeux et les braque sur Liam en le pointant du doigt.

Mais que toi, que toi, t'en ais plus rien à foutre de moi, ça ! ÇA ! Ça... !

Sa voix se brise. Explose sur cette dernière syllabe, se ravale, s'atténue et se recroqueville dans le fond de sa gorge. Il ne sait plus. Le regard de Liam l'anéantit. Il ne sait plus quoi y lire. Anéanti. Si seulement il pouvait le frapper...
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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Ven 13 Juil - 18:45

[j'aime la façon dont tu mattes mes fesses entre deux moments d'hystérie ]

Concentration. Le plaisir ne doit pas poindre dans ses yeux lorsque Basil lui balance la cigarettes inespérée. Il prend son temps, histoire de ne pas passer pour un junkie doublé d'un salaud. D'accord Basil n'est pas une fille avec laquelle il vient d'avoir un rapport et qu'il aurait immédiatement oubliée après le coït, mais quand même...
Tranquillement donc, il se saisit du briquet, frotte la pierre avec son pouce et laisse jaillir le feu. Il tire sa première bouffée (passons les détails sur le bien-être qu'elle procure). Rien ne pourrait interrompre ce moment, hors du temps qui s'étire pendant les trois premières inspirations. Parfait. Mais de courte durée. D'une part parce que son meilleur ami le fixe sans visiblement parvenir à se décrisper et d'autre part parce que son visage commence à le faire souffrir, comme s'il était devenu une plaie géante. Qu'est-ce qu'on dit dans ce cas ? Ouïe. Il n'ose cependant pas toucher et encore moins regarder l'étendue des dégâts. À vue de nez – qu'il juge cassé – seul son œil droit et ses oreilles sont encore intacts ! La nuit s'annonce longue et douloureuse. Une grimace s'étend sur ce qu'il reste de sa face et il continue à fumer, même si le filtre de sa clope est tâché par sa lèvre ouverte. Dégeu...

En même temps c'est ce qui arrive lorsqu'on se fait taper dessus sans réagir ironise-t-il dans sa tête.

Se concentrant, il parvient à mobiliser son neurone afin d'analyser la situation. Basil est en colère, c'est un fait que personne ne viendra contester. Quant à savoir si cette hargne est légitime, là n'est pas la question et Liam préfère ne pas tenter d'y répondre. Son meilleur pote lui en veut à mort parce qu'il n'est pas d'accord avec lui, le tabasse pour finalement rejeter catégoriquement ses plates excuses. Elles sont si rares qu'il pourrait quand même faire un mini effort, paraître surpris ou encore flatté. Mais non. Bon, tant pis, ça lui apprendra à se repentir.
Il y va quand même un peu fort et ressemble à une vache qui accouche d'un petit vos de quinze kilos. Ne pas rire. Surtout pas. Liam esquisse quand même un petit sourire lorsque son pote regarde ailleurs et reprend vite son air neutre initial. En d'autres temps, il aurait pris beaucoup de plaisir à l'énerver encore plus, en se foutant de sa gueule. Tout idiot qu'il est, le Serdaigle sait reconnaître une petite dispute sans importance et une engueulade qui met en péril leur amitié ainsi que la symétrie de son visage !

Il fume toujours, laissant la cendre se répandre autour de lui, tel un pacha ; la classe et les filles en moins. La fumée s'échappe de ses naseaux, lentement et voluptueusement, entre chaque commentaire qu'il se fait à lui-même. À présent il ne regarde même plus Basil. Le silence qui s'est installé entre eux, d'abord pesant, devient relaxant. Les muscles de Liam se détendent un à un et il fini par s'installer plus confortablement sur le sol glacé de la salle commune. Pour un peu, il s'allongerait bien pour dormir un peu. Malheureusement on ne vit toujours pas dans le meilleur des mondes...Too bad.
En plus, la trêve n'est que de courte durée. Il le sent, les choses ne peuvent être autrement. Basil ne lâchera pas tant qu'il n'aura pas dit tout ce qu'il a à dire ou encore frappé son punching-ball fétiche, en la personne de Liam. Lui-même.

Gagné, son frère de bêtises éclate complètement, crache sa rage, espère peut-être le faire un peu réagir...Comme le secouer très fort et le frapper ne fonctionne pas très bien – dommage pour son apparence extérieure ! - les mots sont le dernier recours. Le moins pertinent, s'il en est. Généralement, si les coups ne suffisent pas...bah...ça a toujours suffi en fait.

Merde.

Comment désamorcer un conflit avec autre chose que les points ?
Bon s'ils étaient un couple, ils se jetteraient l'un sur l'autre avec la sauvagerie la plus primaire pour faire l'amour à même le sol. Ils ne partagent pas ce genre d'intimité. Pour une fois que ça lui aurait servi à quelque chose d'avoir eu des rapports avec ces jeunes filles sans grand intérêt ! Décidément, la soirée n'est pas une franche réussite.
Liam écrase son mégot par terre et joue avec, se demandant ce qui allait se passer ensuite. Elle arrive très vite, la suite. Basil exprime le fond de son ressentiment. C'est donc ça. Une sorte de « t'es pas d'accord avec moi donc tu m'abandonnes » saupoudrée d'un « tu as tord, tord, TORD ! Traître ! ». Voilà le problème. Le jeune homme est amusé. Ou peut-être est-ce le soulagement. Du Basil tout craché. Cet être qu'il connaît depuis l'enfance et son microcosme. La « guerre » fait rage dehors et tout ce qui l'inquiète c'est que son meilleur ami ne fasse plus assez attention à lui et l'abandonne parce qu'ils ne sont pas d'accord. Ah le microcosme, ce petit monde qui gravite autour de Basil et fait qu'il est ce type que Liam aime tant. Tout est toujours une affaire d'ego et d'amour propre !

S'il était certain d'éviter une énième claque que sa cloison nasale ne supporterait pas, il se attraperait Basil pour lui manifester son amitié, sa tendresse. Il choisi plutôt de se redresser et d'aller s'asseoir à la gauche de son pote sanguinaire. Le mouvement semble aisé, cependant le déplacement est laborieux et prend beaucoup de temps. Quand Liam atteint son but, il est fatigué mais trouve l'énergie de frapper l'épaule de Basil avec son poing, signe de camaraderie dans le univers.

Mec, t'es con ! J'en aurais toujours quelque chose à foutre de toi.

Une dizaine de vannes lui viennent à l'esprit comme « pour que je t'oublies il faudrait déjà que t'arrives à la fermer ! » mais il s'arrête là, c'est mieux.
Ignorant toujours s'ils restaient amis malgré tout, il lance un regard interrogateur à son partenaire. Il aurait tant de choses à lui dire. À quel point il est nécessaire à sa vie, combien il aime lui taper dessus et fumer des joins dans les couloirs avec lui. Pourquoi quand il le voit, il se marre et aussi que son énergie le fatigue et l'agace au plus haut point ! Mais il se tait. Déjà parce qu'il ne fait pas partie de ces « hyper démonstratifs » et ensuite parce que c'est parfaitement ringard.

Tu m'as défiguré, joli travail !

Il sourit timidement, espérant que l'orage est passé...
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Basil O. Flaverty

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Mar 17 Juil - 19:20

Basil ne se sent pas idiot. Il crie très fort, il tempête, tout le monde le remarque, surtout Liam. C'est exactement ce qu'il veut. Qu'on le voit. Basil ne se sent pas ridicule quand c'est lui qui gueule le plus fort, quand il balance une cigarette à la tronche de Liam, quand on pourrait dire qu'il se donne en spectacle. On ne pourrait pas dire que c'est plus subtile. Pas vraiment. Disons que ça ne l'atteint pas, que ce n'est gênant en rien, pour lui, d'être la cible des regards. Mais quels regards. Des petites filles qui n'y comprennent rien ? Un grand garçon qui s'en fout ? C'est la mâchoire crispée que Basil regarde Liam se précipiter tranquillement, avec l'apparence sereine, vers la fameuse clope. Maintenant qu'il y est, il se dit qu'il en prendrait bien une, lui aussi. Ses doigts retournent fébrilement dans sa poche, se saisissent du paquet. Se crispent autour du carton. L'écrabouillent. Non. C'est trop facile. Trop facile !
Il suffit d'une bonne clope, d'une tape dans le dos, et c'est fini ? Trop facile ! Bien sur, c'est ce que font les gens sages, raisonnées, qui savent que se taper dessus ne sert à rien, et que ce n'est pas celui qui crie le plus fort qui a raison. Basil le sait, lui aussi a pu faire partie de ces gens, notamment lorsqu'il s'agit de jouer les grands frères mâtures et de calmer une dispute chez des plus jeunes que lui. Liam, du haut de son implacable sagesse, de sa force tranquille le sait tout aussi bien. Et bien oui, c'est trop facile de compter sur le savoir de l'autre, sur la conscience de l'autre et de sa façon de percevoir la dispute. C'est vrai que ce serait plus simple d'en discuter calmement. Mais dans ces circonstances-là, à cet instant très précis, l'admettre, c'est faire gagner Liam. Lui donner raison. Justement. Et ça. Hors de question.
C'est à cause de la testostérone, dira-t-on. Toujours elle. A forcer les jeunes sorciers des plus intelligents et des plus prometteurs à se taper dessus, à réagir comme des gamins. Tout à fait. Question d'honneur. Je ne suis pas un Gryffondor, mais quand je vois rouge, c'est tout comme. Et il fait trop chaud pour réfléchir, alors pourquoi s'en priver ? Les pétages de cables, les vrais, les meilleurs, sont trop rares. En général, y a peu d'excuses pour les justifier complètement. Mais aujourd'hui, c'est une soirée spéciale. Tout le monde le sait, tout le monde le sent. Pas question d'agir rationnellement, donc. Et encore moins s'il s'agit de donner raison à Liam, plutôt crever.

Tout ceci, Basil n'y pense même pas.
Bien sur que non. Lui, il se concentre sur ses doigts crispés, sur le visage déguelasse de Liam, et il ne se demande pas comment il doit réagir. Car toutes les raisons qu'on peut donner à son comportement sont, pour lui, des évidences. Il n'est qu'un mâle. Et il se sent blessé. Voilà qui est sur. Voilà de quoi justifier toutes les conduites, y compris, et surtout, les plus abruties. Les plus violentes.
L'apathie de Liam lui donne la nausée. Sa façon de plier sa tête tuméfiée, de ne pas répondre à ses insultes, à ses coups, de le laisser faire. De le prendre de haut. De lui mendier une clope. Ça l’insupporte. Bien sur que ça l’insupporte. Tout spécialement dans cet état d’esprit qui le pousse à être insupporté par la moindre des actions de ce nouvel autre, de ce Liam qu’il ne connait plus. Même sa respiration, l’irrite, cette manière qu’il a de s’abreuver de la fumée de sa cigarette comme si c’était la meilleure des choses. La meilleure des choses. Et puis quoi encore. Ce n’est plus lui, Basil, la meilleure des choses ? Raisonnement absurde, pathétique, trahissant la violence d’une colère. Colère d’un soir. Peut-être irritation de plus longue date. Qui sait. Mais tout l’enrage, et c’est une certitude. Encore une fois, c’est un état d’esprit. Alors que pourrait y faire Liam, même avec la meilleure volonté du monde ? C’est bien plus drôle lorsque c’est inutile.

C’est idiot d’être jeune. C’est idiot de s’énerver de la sorte, et pour si peu de chose. Car ; en vrai, que s’est-il passé ? Quelques déclarations d’opinion foireuses, un rien surprenantes, un coup mal placé, un peu trop fort, une baguette sortie. Mais si vite baissée ! Tellement de ni trop, ni trop peu, qui rendent le conflit absurde et stérile, mais l’absence de confrontation frustrante et impossible. Ceci dit, l’exagération du conflit et la tournure excessive qu’il prenait à toute allure dans l’esprit de Basil venait très probablement de l’atmosphère extraordinairement particulière de cette soirée. Electricité, agressivité, chaleur. Testostérone. Il n’en fallait pas beaucoup plus. Ah oui, et puis. Dieu savait combien Basil appréciait les conflits. C’était bien pourquoi il avait trouvé en Liam son meilleur ami. Ça lui faisait mal, il ne l’aurait pas admis. Il n’empêchait que.

Il souffle doucement, le visage baissé. Sombre. Il observe du coin de l’œil Liam qui fume, se lève s’approche de lui. Il se sent frémir, déborder lorsque celui-ci le touche. Son cœur se serre. S’il croit pouvoir tout effacer avec son sourire à la con et ce genre de tape virile… ça pourrait marcher, et c’est peut-être le pire ! Dans un autre contexte, ça aurait été le moment pour Basil de se retourner, d’éclater de rire, de lui foutre une dernière claque et puis d’aller manger des gâteaux dans les cuisines ! peut-être même d’aller se rouler dans la boue ! Mais Liam ne semble pas comprendre toute la particularité de cette soirée. Ce qui est assez comique, dans le fond : tout Sang-Pur qu’il est, il devrait sentir ce genre de vibrations qui font d’une soirée une nuit orageuse et tourmentée. Est-ce que c’est ce genre d’énergie négative qui trouble les neurones de Basil ? Ou bien un amour propre froissé, une soudaine prise de conscience de sa fragilité ? Fragilité physique, émotive. Gouffre d’infériorité face au sourire de Liam, un sentiment d’abandon, de soumission, de chute insupportable, intolérable… C’est normal que Liam ne comprenne pas ! c’est évident. Lui qui est du bon sens, du côté du jour et de la simplicité. Il faut nécessairement un verso à ce genre de bonheur niais et facile. Le marivaudage, c’est être à la source de ses tourments. Mais à cet instant, Basil s’en fout d’être un tel héros. Ce qu’il voudrait, c’est faire disparaître Liam. Il se sentirait moins con.

La seule réponse que Basil adresse à Liam, c’est un regard foudroyant. Noir et mauvais. Vexé. Il se lève et, avec une rapidité fulgurante que lui confère sa rage, il pointe sa baguette sur le nez de Liam. Elle touche presque sa peau. Il le regarde droit dans les yeux, comme s’il voulait les lui arracher. Puis il murmure :

Episkey

Et le visage se recompose. Le sang sèche, le nez dégonfle, l’œil noir s’ouvre à nouveau, les pommettes désenflent, la lèvre supérieure retrouve sa taille normale. Liam semble redevenir Liam. Tranquillement. Doucement. Basil ne prend pas le temps de contempler le travail de son propre sort. Il se retourne, il grogne pour lui-même des tas d’insultes, de malédictions, envers et contre tous, Liam, lui, les Mangemorts, les Serdaigles, les moutons, sa frangine… à peu près tout ce qui respire, marche ou vole. Il pourrait à nouveau lui éclater son pif tout neuf, mais ça l’fait plus marrer. Il se sent épuisé, les nerfs et le cœur à vif. C’est nul de s’emporter, de crier dans le vide. C’est comme s’il avait perdu. Dans le monde sociétal, et encore plus chez les Serdaigles, c’est celui qui perd son sang-froid qui a tout perdu face à l’autre, implacable. Et c’est exactement ce que ressent Basil. C’est pourquoi il ne rit plus. Pas de sourire.
Il quitte la salle commune d’un pas rapide. Baguette à la main.
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Liam McAvoy

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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   Mar 31 Juil - 21:30

[Par soucis d'équité ^^]

Le sort de Basil opère. En plus de retrouver forme humaine, son visage retrouve ses sensations d'antan, ce qui signifie surtout qu'une poche de glace va devenir nécessaire dans peu de temps. En tant que grands habitués de ce genre de tour, les deux amis ont développé différentes techniques pour éviter de se réveiller dans un état proche de la gueule de bois un lendemain de baston. Bon la douleur ne disparaît jamais complètement, mais ils n'en viennent plus à s'écraser la face contre les mûrs en espérant s'évanouir. Liam porte ainsi ses mains sur son visage retrouvé tout en grimaçant. Il espère que ce geste de son meilleur ami est annonciateur d'une réconciliation. Ou pas...
Sans perdre plus de temps, Basil quitte la Salle Commune pour une destination que lui seul connaît. Le suivre serait inutile et contre-productif, aussi le jeune homme ne fait aucun mouvement pour essayer de le retenir. Remarque il ne fait aucun mouvement tout court !

La fatigue commence à se faire sentir, se répand dans son sang et engourdi tous ses membres en une seconde. Une grande bataille se livre à l'extérieur et Liam n'est déjà plus capable de bouger. C'est comme si on lui avait mit du coton dans les oreilles et du plomb aux chevilles. Il reste donc affalé par terre, adossé à un fauteuil, tel une loque, comme s'il avait trop bu. La sensation n'est pas tellement différente finalement. Étourdi, engourdi et incohérent dans ses pensées. Il n'a plus la capacité d'en vouloir à qui que ce soit ni d'avoir peur pour la suite des évènements.
Rester là, attendre que quelque chose se passe ou que le château se rendorme, voilà ce qu'il était encore en mesure de faire. Aucune autre initiative n'était envisageable que l'inaction. C'est d'ailleurs ce qui met en rogne Basil : sa mollesse. Tant pis. Après tout il est parti alors que Liam lui a présenté des excuses, autant lui cracher à la figure !

Putain, fut le seul mot qui se forma dans son esprit.

Ils se disputent souvent, certes mais ne se quittent jamais fâchés. Basil ne fait jamais cette tête. Liam a cru déceler dans son ultime regard de la haine mêlée à de la peur, une pointe de déception venant relever le tout et rendant cette sortie magistrale. Comme lorsqu'un couple se sépare.

Dans la salle, les plus jeunes Serdaigles sont partis se recroqueviller dans leur lits en espérant que demain le soleil se lèvera sur leurs pauvres existences. Quant aux plus vieux, ils sont déjà au combat, partis « tâter du Mangemort » comme ils disent. Le problème des dignes membres de la maison bleu et argent, c'est qu'ils savent un paquet de choses, mais sont bien souvent incapables d'appliquer leurs super formules à la vie réelle. S'adapter à une situation n'est pas le fort de ces rats de bibliothèque surdoués en classe, mais complètement ahuri lorsqu'il s'agit de parler à une demoiselle ! Bande de nazes.
C'est ainsi que Liam se retrouve seul dans la Salle Commune, du sang plein le t-shirt et des os fraîchement réparés. Il ne parvient pas à remettre en place ce qui vient de se passer. Il ne sait plus ce qu'il a dit, ni ce qu'il devrait faire à présent. Il se contente de rester là, prostré dans une jean qui n'est pas le sien en plus. Sale soirée...
Un mince effort lui permet de se redresser, le dos droit appuyé contre ce toujours aussi confortable fauteuil en velours. Il a passé du temps avec Basil à se marrer et fumer des clopes sur ce maudit fauteuil. La vision est assez cruelle, même pour lui. Finalement cette dispute le touche plus qu'il ne l'aurait imaginé. Mais il faut dire que seul dans cette pièce vide, les pensées négatives vous assaillent et ne vous lâchent pas tant que rien ne vient briser le silence. Oppressant. Si ça avait été dans ses habitude, le Serdaigle aurait certainement lâché une larme face à sa foutue vie, mais non.

Allé, il va revenir ! Il revient toujours

Ces paroles, plutôt murmurées que parlées étaient destinées à le rassurer. Un petit sourire failli se peindre sur son visage, mais à l'instant où la commissure de ses lèvres se souleva, il gémit. Face douloureuse. Quitte à réparer une gueule, autant aller jusqu'au bout et envoyer un shoot de morphine en intraveineuse par la même occasion.
Il va revenir. Il le fait toujours...Il faut qu'il revienne. Reste à espérer qu'il revienne...Merde !
Plus les minutes s'allonge, plus le constat est sombre et l'espoir mince que les choses se finissent bien pour leur amitié. En vérité, c'était bien la première fois que Liam ne se sentait pas capable d'agir, de remuer son abruti de meilleur ami, de lui exposer son point de vue clairement. Il se sent couler, inexorablement et avec personne pour le rattraper. Seul et avachi, comme un raté. Cette perspective d'avenir ne lui avait jamais donné autant la nausée auparavant.
Sa dernière pensée fut pour Teri. À quatorze ans on a envie de prouver ce que l'on vaut et on est courageux par ignorance.

Pourvu que cette gourde ne se fasse pas tuer. Pourvu...

Liam s'endormit profondément juste après, toujours allongé à demi sur le sol de la Salle Commune qu'il avait tant fréquentée. Son souffle devint régulier et un peu plus appuyé. Calme à présent, au pays des rêves...Paisible.
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MessageSujet: Re: Les roses sont rouges, les violettes sont bleues. Qu'y puis-je ? [Liam]   

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