Les Ténèbres envahissent les Lumières. Univers d'Harry Potter
 
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 La tour frappée par la foudre. (Collectif)

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H. Nathaníel Auderic

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MessageSujet: La tour frappée par la foudre. (Collectif)   Sam 9 Juin - 19:34


LA TOUR FRAPPÉE PAR LA FOUDRE ☠

La rumeur approche,
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantôt s’écroule
Et tantôt grandit.
Il est tard. La nuit est tombée. Le ciel est sombre, légèrement brumeux. Tout est calme. Pas un seul bruit, juste le vent. Le château semble dormir... Pas de lumière, rien. Pas même un mouvement... On entend les huluments d’un hibou, les bruits de la forêt. Rien d’autre. Il fait frais, un peu trop pour la saison. Mais ce n’est pas important ; cela fait à peu près six mois que les températures se sont raffraichies. On se demande pourquoi. Du moins, les Moldus se demandent pourquoi, le peuple sorcier sait, lui. Ou s’en doute. Disons qu’on n’a pas vraiment la tête à penser aux Détraqueurs mais plutôt à ce que leur départ d’Azkaban induit.
Il est de retour. Il est revenu, il y a de cela presqu’un an, officiellement. Il a un corps, Il marche, Il parle, Il assassine... En une phrase, Il est bel et bien vivant. Tout le monde le sait, tout le monde a peur. Peur d’un jour rentrer chez soi et découvrir la Marque des Ténèbres flottant au-dessus de la maison. Peur de se retrouver en plein milieu d’un attentat. Peur de se faire tuer, peur de mourir. On n’y peut rien. Les temps sont sombres, c’est un fait. Soit on laisse passer en silence, soit on en devient paranoïaque. Parfois les deux. Le chaos, le trouble, revient, en force, bien que doucement... mais sûrement. Les disparitions de personnes, sorcières comme moldues, ne cessent pas. Les attaques, parfois même en pleine ville, ne s’arrêtent pas non plus. Concernant les enlèvements et pertes relativement célèbres, citons Ollivander, le fabriquant de baguettes, disparu depuis l’été dernier. Ou encore le corps d’Igor Karkarrof, pas moins méconnu, découvert dans le nord du pays à la même époque...
Il n’y a rien à faire. Ou juste attendre. Attendre qu’Harry Potter gagne. On ne sait pas quand cependant. Peut-être ne gagnera-t-il pas du tout au final... Peut-être que si. On n’en sait strictement rien. Pas nous, en tout cas. Certains savent. Mais pas nous.
Nous sommes le vingt-trois juin. Examens en vue, études en vue, vacances en vue, été en vue. Encore que le soleil devrait franchement se décider à se montrer. Poudlard est toujours aussi calme. Du moins, maintenant. Ce n’est pas toujours ainsi... Octobre dernier par exemple, Katie Bell, une élève de Gryffondor, s’est fait attaquer par un collier d’opale, pour une raison qui nous échappe... Et s’il n’y avait que ça à citer...

L’heure n’est pas au rire. Il y a bien sûr les Weasleys et leur boutique, qui s’efforcent justement de décompresser l’atmosphère. Et quelques rares autres, même à l’intérieur du château...
Mais ils approchent. Ils arrivent. Ils ne sont pas loin. Une formule magique prononcée, et la clenche tourne. La porte s’ouvre. Ils posent pied à terre avec une aura sombre et caractéristique de leur être. Un sourire malveillant étire le visage de chacun d’entre eux. Ils sont là. Ils ont réussi. Après tant d’efforts. Après tant de manipulations. Après tant de mensonges et compagnie, puisqu’ils étaient déjà là... Certains ont toujours été à Poudlard, dans le dos du directeur. Personne n’a rien vu, personne ne sait. Et aujourd’hui, les voilà, à plusieurs, de l’extérieur, à l’intérieur.
Décidés, ils quittent la Salle sur Demande. Ils traversent les couloirs, lançant sorts à ceux qui se dressent sur le passage, pour peu qu’il y en ait. Ils marchent vite tout autant qu’ils prennent leur temps. Ils savourent déjà le goût de la victoire toute proche... Quel bonheur, quelle jouissance ! Guidés par leur aide précieuse, rejoints à un certain moment par d’autres, ils continuent à avancer.
Leur présence s’est fait sentir. La brigade protectrice de Poudlard est là, voulant les arrêter. Mais c’est trop tard. À tout les coups, c’est trop tard... L’un d’eux grimpe en haut de la Tour d’Astronomie. Il lève sa baguette vers le ciel. Morsmordre !
Un énorme crâne se dessine alors dans le ciel noir. De sa bouche sort un gros serpent qui ondule dans la lueur verte bien visible dans la nuit, sortant sa langue de temps à autre, semblant narguer tout ceux qui le regardent d’en bas. Il les nargue... C’est exactement ça. lls les narguent, eux, tout ceux qui ont cru à la protection infaillible du château et de son directeur. Le crâne et le serpent sont maintenant beaucoup plus visibles. En quelques secondes, le symbole brille de tout éclat.
La Marque des Ténèbres flotte au-dessus de Poudlard.

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H. Nathaníel Auderic

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MessageSujet: Re: La tour frappée par la foudre. (Collectif)   Jeu 14 Juin - 14:00

Nathan se leva, finalement. Et une demi-heure passée assis sur une souche, dans leur clairière, à regarder les Sombrals... et Angèle.
En parlant d’elle...
Il lui fit un petit signe de tête, lui demandant de la rejoindre, pour rentrer au château.
C’était fou le nombre de retenues qu’elle pouvait se dégotter, à croire qu’elle faisait exprès ! Peut-être était-ce ça, remarque. En tout cas, il n’allait pas se plaindre. Les retenues dans la Forêt Interdite, c’étaient les rares moments où ils pouvaient être seuls, rien qu’eux, sans regards ou oreilles indiscrets, sans groupies, ... Juste eux deux.
C’était stupide à penser, puisqu’aujourd’hui, ils n’avaient guère parlé. Pour être honnête, c’était comme ça depuis presque huit mois, deux-cent-trente-quatre jours plus exactement, soit sept mois et vingt-deux jours... C’était comme ça depuis le premier novembre, quoi... C’était difficile à expliquer, mais pour faire simple, il n’y avait plus vraiment de dialogue entre eux. À moins que des « Salut, comment tu vas ? Bien et toi ? » puissent être considérés comme du dialogue. Parfois, quelques mots en plus s’incrustaient dans leurs discussions, se raconter leur journée entre autre, quelques choses par ci et par là... Jamais plus. Ils étaient incapables de faire plus. Ce n’était même pas de la « distance ». Ils ne s’évitaient pas, du moins lorsqu’ils étaient seuls – discrétion en public obligeant. Ils ne s’ignoraient pas non plus... Oui, c’était vraiment compliqué à expliquer. Trouver le bon était relativement impossible. C’était peut-être, au fond, de la gêne, ou juste de la timidité, ce qui serait, dans les deux cas, étonnant. Ils se parlaient, parfois. Ils se regardaient, souvent. Ils s’embrassaient, une fois.
Nathaníel ne savait vraiment pas ce qui se passait. Avec lui, avec elle, entre eux deux. En temps normal, il serait plutôt du genre à foncer, à bavarder, car s’il avait beau paraître réservé, un peu froid aussi, et distant envers les autres, cette impression s’envolait lorsqu’on le connaissait mieux. Et il était conscient qu’il pouvait parler à Angèle, de tout et de rien, sans avoir peur de faire une gaffe ou d’embêter son interlocuteur – interlocutrice, en l’occurence. C’était naturel, avec elle... Alors pourquoi ? Pourquoi, depuis leur fameuse nuit, était-il incapable d’ouvrir la bouche plus que pour la saluer et lui demander comment elle allait ? Incapable d’ouvrir la bouche pour faire autre chose que l’embrasser ?
Même si elle lui paraissait improbable, il n’avait qu’une seule réponse à cette question : il luttait. Il luttait contre la vérité, qui s’était imposée à lui rapidement, et qui s’était surtout confirmée il y a quelques mois. Il luttait contre ses sentiments. Comme toujours. Mais là, c’était différent. Il luttait d’une façon positive, ne cachant plus ses sentiments mais ne les montrant pas davantage pour autant. Il l’aimait. Irraisonnablement peut-être, dangereusement même, indépendemment de lui-même sans aucun doute, mais il l’aimait. Et il luttait car il ne savait absolument pas comment le lui dire. Et ça l’énervait, car, quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps, il avait cette allure, il était sûr de lui, et franc, et direct, et... Et il perdait tout ses moyens dès que ça concernait quelque chose qui n’était pas matériel, les émotions, les sentiments. Oui, les sentiments surtout... Il se voyait vraiment mal se planter devant la demoiselle et lui balancer cash qu’il l’aimait. Ce n’était pas son genre. Il ne voulait pas non plus tomber dans le cliché des sentiments avoués à un moment dramatique comme c’est le cas dans la majorité des livres à l’eau de rose. C’était vraiment trop compliqué... Et il était conscient qu’il devait faire le premier pas, car Angèle ne le ferait pas, à tous les coups. Elles sont toutes comme ça, les filles : elles attendent patiemment leur prince charmant, et lorsqu’il arrive enfin elles veulent qu’il lui dise qu’il l’aime, avec un baiser si possible.
Mais Nathan ne s’était jamais senti l’âme d’un prince charmant.

Il eut un soupir pour lui-même, marchant toujours tantôt un peu devant, tantôt à côté d’Angèle. Dans ce dernier cas, il y avait souvent des petits coups d’épaules, voulus ou non, et des doigts qui s’effleurent, qui se cherchent. En fait, c’était eux, c’était ce qu’ils étaient : pas besoin de mots, juste un regard, un geste, même presqu’imperceptible. Mais il fallait l’avouer, parfois, le silence devenait pesant. De même que, concernant l’aveu des sentiments, Nathan était certain qu’Angèle voulait des faits. Elle voulait qu’il lui dise, à voix haute. Tout ne pouvait malheureusement pas passer dans le silence...
Et nous étions le vingt-trois juin, c’est-à-dire qu’il ne restait plus qu’une semaine avant les grandes vacances. Et tout le monde sait que pendant ces deux mois que sont juillet et août, chacun retourne chez lui. Angèle n’allait pas échapper à la règle. Elle allait retourner chez son père, et Nathan ne la verrait pas pendant deux mois... Foutaises ! Il la verrait ! Il allait justement profiter des vacances pour passer plus de temps avec elle, puisque la situation à Poudlard était légèrement risquée. Le problème était que s’il envoyait des lettres à la demoiselle... son père pouvait les voir. De même que s’il lui rendait visite ou l’invitait quelque part, il pouvait se douter de quelque chose. Et ça aussi, c’était dangereux. Nathan doutait fort qu’un père laisse sa fille de dix-sept ans traîner avec un homme de vingt-quatre ans – même si théoriquement, elle était majeure et libre de faire ce qu’elle voulait. Mais il restait son père... Et... Wow, c’était trop compliqué. Mais il ne passerait pas deux mois sans avoir de contact avec la demoiselle, point.

Le ciel recommença doucement à apparaître, les feuillages des arbres se faisant moins denses à mesure qu’on s’approchait de la lisière. En dehors du fait que ni Angèle ni Nathan ne parlait, c’était très calme aujourd’hui... Même la Forêt se taisait. Pas vraiment de vent, pas trop froid mais pas très chaud non plus, pas un bruit, aucun mouvement... Et pourtant, ce n’était pas le genre de nuit que Nathan aimait le plus. Il aimait le calme, certes, mais pas à un tel point... ou plutôt, pas avec cette atmosphère, qu’il ne pourrait définir d’ailleurs. Pourquoi le château dormait-il ? Il n’était même pas onze heures du soir ! Enfin, il y avait des jours comme ça... Souvent, d’ailleurs. Trop souvent.
Le garde-chasse jeta un coup d’œil à la demoiselle. À cet instant précis, il avait beaucoup de mal à la considérer comme une élève, comme l’élève qu’il avait surveillé ce soir en retenue. Ca ressemblait plus à une balade, à une marche silencieuse, en couple, comme deux tourtereaux. Surtout qu’en plus, il n’y avait pas grand-chose à faire dans la Forêt depuis quelques temps. Ils étaient marrants les profs « Oh, mettons des élèves en retenue avec le garde-chasse, qu’ils puissent s’amuser à soigner des animaux sauvages et dangereux » ! Il n’y avait même pas d’animaux sauvages à soigner. La Forêt, bien qu’agitée – très agitée, en toute vérité – était paradoxalement calme, dans le sens où il n’y avait guère de blessures. Franchement, à part la mort d’Aragog, il n’y avait rien eu de bien « passionnant » en quelques mois... Pour en revenir à la retenue, Angèle n’avait rien eu à faire, à part marcher, aller ci et là au gré de Nathaníel. De toute façon, il veillait sur elle. Il lui avait dit en début d’année, le douze septembre. Pas une réplique anodine : une promesse ! Rien qu’à cette pensée, il eut un petit sourire, pour plusieurs raisons. Il veillait sur beaucoup de gens, avec le recul... Angèle, Lily, Pandora, Azalée parfois... Quatre personnes, c’était beaucoup. Surtout qu’en exceptant Pandora, elles étaient toutes capables de veiller sur elles mais... c’était plus fort que lui. Il ne faisait pas exprès... Il n’aurait pas su de toute façon : se forcer à protéger quelqu’un n’était pas dans ses capacités. Ou alors, il jouait la comédie, il faisait semblant, mais c’était une autre histoire, ça.
Enfin, ils mirent pieds en dehors de la forêt, rejoignant ainsi le parc, sortant de l’ombre des arbres.
Alors Nathan se stoppa net.

Une pulsion, son instinct de survie, un sursaut, il ne saurait définir ce qui le frappa, mais il attrapa la main d’Angèle en une seconde, plaquant presque son corps contre le sien, et la fit reculer vers la forêt. L’ombre les cacha à nouveau. Ce ne fut que lorsqu’il jugea qu’il était en sécurité, qu’ils étaient en sécurité, qu’il libéra la brunette, lui lâchant aussi la main. Il riva alors à nouveau ses yeux vers le ciel, voulant sans doute confirmer ce qu’il avait vu il y a quelques secondes, confirmer qu’il n’avait pas halluciné...
... confirmer que la Marque des Ténèbres, ce maudit signe, flottait bien au-dessus de la Tour d’Astronomie.

« Par Merlin… »

Pourquoi la Marque des Ténèbres flottait-elle au-dessus de Poudlard ?! Qu’est-ce que des Mangemorts fichaient dans l’école et...
Lily.
D’un coup, toutes ses pensées se tournèrent vers la née-moldue, vers sa petite sœur. Si les Mangemorts avaient fait apparaître la Marque dans le ciel, il n’y avait qu’une raison possible : ils avaient tué quelqu’un. C’était leur signe après tout. Un meurtre valait un crâne et un serpent morbides dans le ciel, point. La question était désormais : qui était mort ? Qui avait été tué en haut de la Tour d’Astronomie ? Et Dumbledore qui n’était même pas là, parti prendre un verre aux Trois-Balais... Ce n’était pas possible ! Les Mangemorts ne pouvaient pas être à Poudlard, car... car l’école était l’endroit le plus sûr du monde sorcier britannique peut-être ?! Qu’est-ce que c’était que cette histoire ?! Ne pouvaient-ils pas faire leur petite réunion de Mangemorts ailleurs non ?! Comme si Poudlard était un salon de thé pour assassins ! Et puis ils auraient pu prévenir de leur petite visite ! Par politesse... Quoique Nathan doutait fort qu’ils soient polis, à part quelques-uns qui avaient, encore, un peu d’amour-propre, de noblesse, d’aristocratie, de fierté de sang-pur.
Pitié, faites que Lily n’ait pas cours d’Astronomie actuellement.......
Non... Bien sûr... Lily devait sans doute déjà dormir à cette heure, ou être en train de se battre avec une plante, ou étudier, bien au chaud dans sa salle commune, avec ses camarades. Elle ne pouvait pas être en haut de la tour, puisque, aussi bonne sa vue fut-elle, il n’y avait apparemment personne... Juste la présence d’un gros crâne aux lueurs vertes. C’était... ce n’était pas elle, la victime. Ca ne pouvait pas être elle, tout simplement parce qu’elle était sa petite sœur... Nathan se rassura comme il pouvait. Il se moquait bien du nom de la victime, tant que ce n’était ni Lily, ni Naru, ni Azalée, ni Panda – et ça ne pouvait pas non plus être Ange puisqu’elle était à côté de lui. Tout les autres pouvaient crever, il n’en avait strictement rien à faire. Égoïste ? Sans-cœur ? Insensible ? Peut-être. Mais s’il devait pleurer sur son sort à chaque fois que quelqu’un mourait autour de lui...
Il souffla un bon coup, sortant sa baguette par pure précaution, se plaçant devant Angèle, fixant toujours le ciel, très calme, et décida d’un ton presqu’autoritaire :

« On reste ici. »

Ca lui semblait une bonne idée... Non, c’était une bonne idée. Rester dans la forêt était la meilleure chose à faire ! Pourquoi ? Parce qu’en admettant que les Mangemorts soient toujours dans Poudlard, ils ne viendraient jamais ici. La forêt était une limite naturelle à l’école, et plus on s’y enfonçait, plus nos chances de survie diminuaient. Ils n’étaient pas assez stupides pour croire qu’ils pourraient quitter l’endroit par ici, n’est-ce pas ? Parce que, remarquez, si le Lord envoyait quelques-uns de ses fidèles partisans à Poudlard-même, il avait envoyé les meilleurs ! Les plus intelligents, les plus forts, les plus dangereux... Ce qui voulait dire que...
Le jeune homme grinça des dents.
Ce qui voulait dire que Greyback était là. Et Bellatrix Lestrange.
Et deux raisons en une, de plus, pour rester sagement ici jusqu’à ce que la tempête passe. Et puis, sincèrement, il n’allait pas se jeter dans la mêlée ainsi, et se mettre en danger pour rien. Oui parce que ce n’était pas son job, ni son problème, de protéger l’école. Il y avait les quelques Aurors pour ça, et le directeur. Pas lui, le garde-chasse, et encore heureux ! Il attendrait donc ici, avec Angèle. Traverser le parc pouvait être fatal... Il suffisait qu’un Mangemort s’y trouve, un Avada Kedavra et, pan, vous étiez mort ! Alors que dans la forêt, caché au milieu des arbres, vous ne risquiez pas grand-chose, à part trébucher sur une racine et vous faire le coup du lapin. Oui, ils resteraient silencieusement ici...
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Angèle Yaxley

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MessageSujet: Re: La tour frappée par la foudre. (Collectif)   Lun 18 Juin - 13:16

Je me demande bien combien d’heures de retenues j’ai pu recevoir, depuis sept mois et vingt-deux jours. Plus d’une, ça c’est sûr. A vrai dire, je ne peux plus trop me vanter d’être une élève modèle, tout ce qu’il y a de plus travailleuse, sérieuse, et respectueuse. Non, cette image ne me correspond plus désormais, parce qu’à un moment donné, j’ai décidé de ne pas rester là, sans rien faire, j’ai décidé de prendre les choses en main, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté. En fait, j’ai surtout refusé de laisser passer des jours, des semaines, des mois, sans pouvoir le voir, sans pouvoir lui parler, sans pouvoir l’approcher,… Après notre nuit, je ne me voyais pas l’ignorer à nouveau, retomber dans une spirale infernale qui n’aurait fait de bien à personne, et qui en plus, aurait été un vrai échec : Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes jamais arrivés à rester éloignés l’un de l’autre plus d’un certain temps, alors bon... Il aurait été complètement stupide, insensé, de vouloir retenter l’expérience après cette soirée d’Halloween. Mais, à partir de moment-là, comment faire pour ne pas attirer tous les regards sur nous, et sur notre relation ? Comment continuer à le fréquenter, à entretenir notre lien, sans que personne ne se doute de rien, et ne nous dénonce ? Je dois bien avouer que les quelques semaines, suivant ce bal masqué, ont été assez épouvantes, difficiles, dangereuses aussi… Certaines de mes camarades serpentardes m’ont harcelé, carrément, pour que je leur dévoile l’endroit où j’ai dormi cette nuit-là : Elles ne m’ont pas lâché, enchaînant les séances de questions, ou les sous-entendus, espérant avoir un scoop, quelque chose à analyser, à critiquer, à raconter à tout le monde. Heureusement, elles ont fini par se lasser, trouver un autre sujet de conversation, et ont donc complètement abandonné l’idée de savoir un jour avec qui j’ai passé ma soirée, ma nuit, et une bonne partie de la matinée. Pour être totalement honnête, je crois que je ne me suis jamais sentie autant soulagée que lorsque j’ai compris qu’elles laissaient tomber : Il n’est jamais facile de devoir mentir, ou de cacher des choses, à des amies, surtout lorsque l’on s’est confié à elles plus d‘une fois, et qu’elles commencent donc à tout connaître de nous, de notre vie,… J’ai donc dû prendre sur moi, pendant quelques temps, espérant vraiment que cette histoire se tasse au plus vite, et ne devienne plus qu’un souvenir aux yeux des gens. Un souvenir inoubliable pour moi, en fait. Comment pourrais-je, un jour, oublier ma première fois avec lui, franchement? Cependant, quel comportement devais-je adopter après cela? En réalité, après avoir écarté les plus gros soupçons sur notre éventuelle relation, les choses se sont compliquées un peu plus, de nombreuses questions se sont alors posées : Comment allait-on faire pour nous retrouver? Devait-on laisser passer plus de temps? Pouvait-on se parler en public, ou devait-on exclure tous contacts devant les gens? Au final, nous avons finit par trouver une solution, nous nous sommes donc revu peu de temps après, mais… Ce n’était plus pareil, rien n’était pareil. Ok, nous ne nous sommes pas évités, nous ne nous sommes pas ignorés non plus, et nous avons, en quelques sortes, essayé de nous comporter comme des adultes, mais, à l’évidence, ce n’était pas la bonne solution, ça n’a pas marché. Nous n’avons pas parlé, pas beaucoup, à part les formules de politesse, et quelques petites banalités, de temps en temps : C’est comme si nous n’arrivions pas à faire plus, à aller plus loin dans nos dialogues, sans avoir peur de dire le mot de trop, la phrase de trop, la déclaration de trop. Pour ma part, je sais que je n’étais pas complètement à l’aise, pas du tout même, ayant l’impression de me trahir à chaque fois que j’ouvrais la bouche, et me posant, encore et toujours, la même question : Qu’est-ce qu’on est? Comment dois-je désormais considérer Nathaniél Auderic?
Enfin bon, toutes ces complications, toutes ces interrogations ont provoqué en moi, l’envie de mettre à nouveau les choses au clair, ou du moins, elles m’ont poussé à vouloir me retrouver, à nouveau, seule avec lui, pour tenter de communiquer normalement, sans aucune gêne. Pour cela, et pour la énième fois, j’ai usé de mon insolence, de mon arrogance, pour me dégotter une autre retenue, espérant vraiment qu’elle se déroulerait dans la forêt interdite, comme la plupart des autres. Il faut dire que je n’ai pas à beaucoup pousser le bouchon pour que ma prof de botanique perde son sang-froid, et finisse par me mettre dehors, avec dix points en moins pour ma maison, et quelques heures de colles. Elle me déteste, et autant être honnête, c’est réciproque ; Elle ne veut donc pas s’embarrasser de moi toute une soirée, à me faire copier des lignes, ou soigner des plantes, que je risque, de toute façon, de faire faner. Bon point pour moi, à chaque fois, elle m’envoie avec le garde-chasse pour je me m’occupe de petites bébêtes malades dans la forêt interdite : Comme si ça allait me faire quelque chose, comme si j’allais pleurer parce que je n’ai pas envie d’y aller, comme si ça ne me remplissait pas de joie de pouvoir passer du temps avec le remplacent d’Hagrid… Ouais bon, je sais qu’elle n’est pas obligée de savoir ça, et d’ailleurs, heureusement qu’elle n’est au courant de rien, mais… Encore une fois, je me retrouve au beau milieu des arbres, dans notre petite clairière, profitant, enfin, d’être seule avec lui, à l'abri des regards, ou des oreilles indiscrètes. Le moment, l’endroit, et même le cadre finalement, semblent parfaits pour entamer une longue discussion, pour essayer de comprendre ce qui nous arrive, depuis presque huit mois. Et pourtant, nous n’avons presque pas discuté, nous n’avons pas forcément su profiter du calme, et de la protection que nous offre la forêt, comme d’habitude, en fait. Autant dire que je m’en veux un peu, je ne me comprends pas tellement, parce que j’ai tout fait pour avoir cette retenue, pour pouvoir me retrouver en tête-à-tête avec Nathan, et maintenant… Je suis bloquée, incapable d’aligner deux mots, me remémorant ces derniers temps, ces derniers mois, essayant de comprendre, de me motiver à engager la conversation, sans y parvenir. Je suis vraiment nulle. C’était vraiment stupide de croire qu’une soirée hors du château pouvait débloquer la situation, pouvait nous remettre dans le droit chemin, pouvait tout arranger, simplement.

Quand je reviens enfin à la réalité, je m’aperçois que Nathan est debout, et me demande de le rejoindre pour que nous puissions enfin rentrer au château. Je lui lance un petit sourire, et me lève à mon tour, époussetant soigneusement, et un peu rageusement, mon gilet, pour éviter de me retrouver avec une famille de fourmis sur le dos ; Oui, encore et toujours cette même phobie des insectes, elle ne disparaîtra jamais, je crois. J’essaie de ne pas trop prêter attention au regard, à la mimique moqueuse, du jeune homme, et continue donc d’avancer entre les arbres, les broussailles, présentes dans la forêt interdite. En réalité, je tente surtout de rester concentrée sur mes pieds, voulant éviter un maximum de faire une chute, de trébucher, ou quelque chose comme ça. Je n’ai jamais eu de chance, et bien que je ne sois pas une Miss-catastrophe comme Lily, j’ai tendance à ne pas rester debout très longtemps quand je fais un voyage ici. Enfin bon, pour l’instant, je n’ai pas encore donné de vraies raisons à Nathaniél de me taquiner, de se foutre de moi, je ne suis pas encore tombée, alors… Il ne me reste plus qu’à croiser les doigts.
Je me racle légèrement la gorge, cherchant à chasser ces quelques pensées de mon esprit, tentant aussi de ne pas trop effleurer le beau brun qui marche à mes côtés. Autant dire que je dois vraiment prendre sur moi pour ne pas entrelacer mes doigts avec les siens, pour ne pas l’enlacer, ou bien l’embrasser : Je suis quelqu’un de très tactile, j’adore faire des câlins, des bisous, à tout le monde, alors franchement, après le bal d’Halloween, je ne pensais jamais arriver à contrôler mes émotions, mes pulsions, aussi bien. Je crois qu’en presque huit mois, nous n’avons craqué qu’une seule fois, nous avons pris un risque, nous avons cédé à la tentation, nous nous sommes embrassés, et là encore, je ne le regrette pas. Suis-je vraiment censée me sentir coupable d’avoir prolongé un baiser, que j’attendais depuis pas mal de temps? Pour être totalement honnête, même si je suis consciente que notre relation est risquée, et peut-être même dangereuse sous certains aspects, je ne peux pas m’empêcher de vouloir toujours plus, d’espérer qu’un jour, enfin, nous pourrons vivre quelque chose de fort, de vrai. Pour l’instant, et depuis un peu trop longtemps, je suis dans le flou, complètement, et je ne suis pas tellement décidée à faire le premier pas : J’ai peur d’être rejeté, j’ai peur que les sentiments que j’éprouve ne soient pas réciproque, bien que certains éléments peuvent me faire penser le contraire. En plus, la réputation de Nathan ne m’aide pas vraiment, je ne sais pas si je serais capable de passer outre toutes les rumeurs qui circulent sur son sujet, et sur ses activités. Toute cette histoire est compliquée, réellement, mais je n’ai pas envie d’abandonner, je n’ai pas envie de baisser les bras. Je me sens tellement proche du but, et d’un autre côté, tellement éloignée. Je ne veux surtout pas que ma peur de l’inconnu, ma peur de souffrir, m’empêche de vivre, m’empêche d’aller de l’avant, m’empêche de prendre des risques. C’est aussi ça, la vie. C’est aussi ça, l’amour.


Je sors rapidement de mes pensées, et ne peux m’empêcher de lancer un juron quand je manque de percuter Nathaniél. Je le fixe quelques secondes, ne cherchant pas forcément à cacher mon mécontentement, et m’apprête à prendre la parole pour lui demander des explications, quand il attrape ma main, et me force, plus ou moins, à reculer de quelques pas. Mais, que fait-il? Pourquoi me pousse-t-il vers la forêt, alors que nous venons à peine d’en sortir? Et d’abord, pourquoi semble-t-il aussi inquiet? Que se passe-t-il? Qu’a-t-il aperçu, ou entendu, ou …? A peine libérée de son étreinte, je fais quelques petits pas sur le côté, afin de pouvoir regarder, ce qui semble tant le troubler, peut-être même l’effrayer. Je lève donc les yeux vers le ciel, et «… Ce n’est pas possible, ce n’est pas… Oh mon dieu… ». Ma voix se brise légèrement, tandis que mon regard reste braqué sur la marque des Ténèbres, flottant au-dessus du château, de la tour d’astronomie pour être précise. Je me mordille la lèvre, tentant, tant bien que mal, de rester calme, de ne pas paniquer, et essayant vainement de faire le tri dans toutes les pensées qui m’assaillissent d’un coup. Je ne peux pas y croire, je ne veux pas y croire : Poudlard est l’endroit le plus sûr du monde, c’est notre seconde maison à tous, et… Et le professeur Dumbledore est là, il nous protège de ce genre de choses, de ce genre d’attaques. Non, je ne peux pas imaginer une seule seconde que les mangemorts soient dans le château en ce moment, cette nuit. C’est tout simplement impossible, c’est…
Sans que je ne m’en rende vraiment compte, je commence à faire les cents pas, derrière Nathan, me rendant, malgré moi, à l’évidence, arrêtant brusquement de me voiler la face : Ils ont réussi à pénétrer dans l’enceinte de l’école, et l’un d’entre eux, oui parce qu’il est presque certain qu’ils sont venus en groupe, a fait apparaître cet horrible signe, ce crâne immense, avec ce serpent sortant de sa bouche. Un frisson parcourt mon corps, je connais la signification de cette chose, je sais qu’il faut se méfier, quand on l’aperçoit flotter au-dessus d’une maison : Qui est mort ce soir? Combien ont-ils fait de victimes?
Je lance un petit regard à Nathaniél, cherchant un peu de réconfort auprès de lui, quand je m’aperçois qu’il a sorti sa baguette, et qu’il semble donc près à nous défendre, au cas où. Avant que je n’ai pu faire la moindre remarque, il m’annonce, d’un ton presque autoritaire, que nous allons rester ici, point final. Franchement, je pense que c’est une bonne idée, et qu’ici, nous ne risquons pas grand-chose, mais… Je crois que je ne serais pas capable de tenir, je suis pratiquement sûre que je finirais par faire une crise d’hystérie, ou quelque chose comme ça : Nous ne pouvons tout de même pas rester sans nouvelles des autres, nous ne pouvons pas attendre ici sans savoir qui est la victime. En plus, il est possible que quelques élèves soient en train de participer à un cours d’astronomie, peut-être des personnes proches, des amis, des…


« Non ! ……… Non, on ne peut pas rester ici. Je refuse ! Je ne peux pas. Je… Nathaniél… Quelqu’un est… A dû être… »

Je m’approche lentement de lui, ne pouvant m’empêcher de regarder une nouvelle fois la marque flottée au-dessus de la tour d’astronomie. A ce moment précis, je crois que je suis réellement en train de prendre conscience de ce qu’il se passe, ou s’est passé. Les mangemorts ont tué quelqu’un, et ça peut être n’importe qui : Certains de mes camarades serpentards ont tendance à beaucoup voyager dans les couloirs de l’école, Lily peut être en cours dans la tour, Basil, Liam, Naru sont des élèves de Serdaigle, ils sont donc proches de tout ça…


« …Put*in, c’est notre maison qui est en danger, c’est nos amis, notre famille, qui est là-bas, et tu sais aussi bien que moi ce que cette marque signifie… Je ne peux pas rester là sans rien faire, je dois savoir ce qu’il se passe, je… » Je ferme les yeux quelques secondes, essayant vraiment de calmer mon rythme cardiaque, et tentant surtout de chasser les images qui me viennent en tête. Je ne dois pas penser au pire, je ne dois pas imaginer les pires scénarios, je ne dois pas… J’inspire un grand coup, reportant mon attention sur le jeune homme, et me postant finalement devant lui, décidée, presque sûre de moi. « Que tu le veuilles ou non, je vais retourner au château, parce qu’il se passe très certainement quelque chose de grave, parce que je suis super inquiète, et sûrement très inconsciente aussi, mais… Je ne supporterai pas de rester une seconde de plus dans cette forêt en sachant que certains de mes proches sont peut-être en train de se faire torturer ou pire ! »

Je plonge mon regard dans le sien, essayant de lui faire comprendre un peu plus que je ne souhaite pas rester dans la forêt interdite. Je sais que s’il me force à attendre ici, je vais finir par devenir hystérique, complètement, je vais m’énerver, je vais dire des choses qui dépasseront complètement ma pensée, et voilà… D’ailleurs, pourquoi suis-je encore ici ? Pourquoi suis-je encore en train d’essayer de le convaincre de venir avec moi ? Ce n’est pas comme si j’avais besoin de son autorisation pour partir, pour courir vers le château, ce n’est pas comme si je ne pouvais pas prendre ce genre de décision toute seule, mais… Autant être franche, je ne sais pas sur quoi je vais tomber là-bas : La marque des Ténèbres flottant dans le ciel signifie clairement que les mangemorts sont venus à Poudlard, et qu’ils ont très certainement fait une victime, ou plusieurs. Et s’ils étaient encore là-bas ? Et s’ils étaient en train de s’en prendre à tous les nés-moldus ?
Je recule de quelques pas, fixant toujours Nathaniél, ayant désormais l’impression d’être complètement à côté de la plaque, à l’ouest, dans une nouvelle dimension : Je ne veux pas perdre mes amis, voilà ce qui m’obsède le plus en ce moment. Je passe une main dans mes cheveux, comme à chaque fois que je suis mal à l’aise, stressée, ou inquiète, et finit par murmurer,
« Et, je suis calme, parfaitement calme », essayant sans aucun doute de le convaincre, de me convaincre…
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MessageSujet: Re: La tour frappée par la foudre. (Collectif)   Jeu 21 Juin - 21:45

« Non !
- Pardon ? »

Il avait pourtant très bien entendu, mais il n’arrivait pas à croire qu’elle refusait, qu’elle refusait de sagement et prudemment rester ici, dans la Forêt Interdite, où ils seraient à tous les coups en sécurité. Il n’arrivait pas à croire qu’elle venait de crier « Non ! », qu’elle venait de s’opposer à cette idée. Ainsi plissa-t-il les yeux, la fixant. Jamais elle ne flancha ; au contraire, elle continua sur sa lancée, marquant à chaque mot son opinion.

« Non, on ne peut pas rester ici. Je refuse ! Je ne peux pas. Je... Nathaníel... Quelqu’un est... A dû être... »

Bien sûr, quelqu’un était mort. Bien sûr, quelqu’un avait dû être tué. Il le savait très bien... Mais le fait de rejoindre le château pour cette unique raison ne lui effleura pas l’esprit. Peut-être était-ce parce que, pour rester maître de lui, pour garder le calme olympien qui le caractérisait si bien, il s’était convaincu que la victime était tout le monde sauf Lily. C’était la seule personne, en exceptant Angèle, dont la mort l’affecterait, beaucoup. Bien évidemment, il y avait d’autres personnes qui comptaient pour lui, Azalée Edenweiss en outre, mais c’était différent. Ce n’était pas aussi intense. Lily, c’était... C’était Lily. Pour illustrer, de façon cruelle certes, si Azalée décédait, bien sûr que ça lui ferait quelque chose. Bien sûr qu’il serait en deuil un certain temps. Des mois, peut-être une année, un peu plus à la limite... Mais il passerait au-dessus de cela ; il oublierait... Toujours de manière cruelle, ça ne lui ferait quelque chose qu’à court terme. Il le savait, ayant vite fait la part des choses, sachant bien qui il mettait au-dessus des autres. Ca pouvait paraître comme de l’égoïsme, ou du favoritisme, mais au moins, il ne faisait pas croire aux gens qu’ils lui importaient plus qu’en réalité. Azalée savait qu’elle n’était qu’une pote, une compagnonne de musique, et parfois quelqu’un avec qui discuter. Elle savait que pour le jeune homme, elle n’était pas aussi importante que sa camarade Poufsouffle.
Lily n’était pas morte. Lily n’avait pas été tuée par les Mangemorts actuellement présents. Nathan n’avait donc aucune raison de paniquer ou de s’en faire.
En revanche, il s’en faisait pour Angèle. Était-elle folle ? Était-elle complètement et purement cinglée ? Voulait-elle vraiment rejoindre les bâtiments ? Oui. Tout dans son attitude, cette façon de s’approcher de lui en fixant le ciel, le ton de sa voix, le prouvait. Et elle n’avait pas fini. Elle n’en avait pas fini avec ses arguments.

« ... Put*in, c’est notre maison qui est en danger, c’est nos amis, notre famille, qui est là-bas, et tu sais aussi bien que moi ce que cette marque signifie... Je ne peux pas rester là sans rien faire, je dois savoir ce qu’il se passe, je... »

Il nota trois choses.
Un : elle jurait quand elle était perturbée.
Deux : elle avait mis tout le monde dans le même sac concernant Poudlard. Elle avait utilisé un « nous ». Et Nathan se sentit enfin concerné... Un peu, seulement. Oui, comme beaucoup de monde ici, Poudlard était sa maison. C’était vraiment un des rares endroits où il se sentait chez lui, certes pas dans le sens où il était accepté par les gens – puisqu’on lui avait collé l’étiquette du garde-chasse aigri, misanthrope, peu aimable et peu bavard et qui, dans la bouche de certains, s’était tapé toute l’école, mais il était aussi le type sur qui on ne peut pas compter, le type qui vous enfoncerait des couteaux dans le dos, le type qui vous mettrait la corde au cou un jour ou l’autre. Et franchement, il s’en fichait de cette réputation, il se fichait bien du regard des autres. Comme s’il allait se mettre à pleurer parce que deux rouquines lui avaient fait remarquer qu’il était méchant, ou que quelqu’un lui avait craché au visage qu’il n’était qu’un pur salaud, un enfoiré... Et autant être honnête, il prenait un malin plaisir à être considéré ainsi. Enfin là n’était pas la question. Tout ça pour dire que malgré tout, Poudlard, c’était chez lui. Mais que ce n’était pas une raison pour y retourner maintenant... Ce n’était pas comme si les Mangemorts allaient mettre le château à feu et à sang... Si ?
Et enfin, trois : elle avait réellement l’intention d’y retourner. Disons qu’en fait, à chaque seconde, cette intention se confirmait. Mais était-elle stupide ?! Non, elle ne l’était pas... Elle était loin de l’être... Elle avait juste peur. Peur pour, comme elle l’avait dit, ses amis, sa famille. C’était compréhensible, après tout. A une dite époque, Nathaníel n’aurait pas aimé rester ici s’il avait eu quelque chose, quelqu’un à perdre. Il était même probable qu’au contraire de la jeune Yaxley, il serait déjà parti depuis longtemps, n’en ayant strictement rien à faire de ce que le garde-chasse ou n’importe qui lui ordonnait. Peut-être ne se serait-il pas stupidemmet jeté dans la mêlée mais... il serait parti quand même. En tout cas, il aurait tout fait pour savoir si ses proches, ses amis, sa famille, allaient bien... Absolument tout.
Mais aujourd’hui était différent. Il n’était plus l’adolescent. Il n’y avait plus quelconque famille à sauver. Et sa prudence s’était exacerbée. Cette même prudence qui le poussait à rester ici, au milieu des arbres, au milieu de la forêt, sa forêt... Depuis tout petit, tel environnement lui apportait confiance, sans savoir vraiment pourquoi. Et il resterait ici. En cette nuit du vingt-trois juin, il resterait ici, et cela même si une demoiselle voulait faire le contraire. Sauf si elle changeait d’avis. Tiens, elle allait changer d’avis, elle changerait d’avis. Il le fallait ! Tout de même, elle n’allait pas...

« Que tu le veuilles ou non, je vais retourner au château. » Oh si, elle allait... « Parce qu’il se passe très certainement quelque chose de grave. » Mais non, pas du tout, il y a juste la Marque des Ténèbres dans le ciel, rien que ça ! « Parce que je suis super inquiète. » Waw ! Première nouvelle ! « Et sûrement très inconsciente aussi. » Ca non plus, personne ne le savait ! « Mais je ne supporterai pas de rester une seconde de plus dans cette forêt en sachant que certains de mes proches sont peut-être en train de se faire torturer ou pire ! »

Vlan, prends-toi ça Nathan ! Et m*rde hein ! Se retenant de lui cracher à la figure qu’il allait la baillonner et l’attacher à un arbre, il soutint son regard. Son joli regard, au passage. Dammit, Nathan ! Elle veut partir en mission-suicide, tu n’as pas le droit de faire une fixation sur l’aspect de ses yeux ! Ah que la vie était mal faite ! C’était hors de question qu’elle fasse un mètre de plus en direction du château... Il l’en empêcherait.
Le problème était, justement, qu’il ne parviendrait pas à l’en empêcher. Elle était têtue, et bornée, et surtout bourrée de compassion. Son amour pour ses proches la pousserait à tous les coups vers le champ de bataille, vers les ruines, vers l’incendie qui détruisait l’entierté de la ville. Elle pourrait elle-même être mourrante qu’elle se mêlerait corps et âme au combat. Nathaníel le savait... Il le voyait dans ses prunelles chocolat, il le sentait dans ce feu qui brûlait en elles, ou en Angèle-même. Elle ne parviendrait pas à rester calmement ici. Elle pourrait, mais elle n’y arriverait pas. C’était au-dessus de ses moyens. Et puis, elle n’avait pas tort. Rester ici, c’était comme écouter, regarder, tout le monde se faire torturer ou même tuer, sans rien faire. Juste écouter, regarder, la plus horrible chose qui soit... Mais tout de même !
Le fait qu’elle rajoute, dans un souffle, qu’elle était calme, parfaitement calme, n’arrangea pas la chose. Elle était déjà en train de trépiner. Elle n’attendait qu’une chose : que quelque chose plus fort qu’elle la pousse vers le château. Nathan, immobile, se contenta de la regarder paniquer en silence. Ca va, elle n’était pas encore trop, trop hystérique. Juste un peu nerveuse... Beau contraste entre elle et lui, d’ailleurs. Lui, était calme. Comme toujours. Parfaitement en contrôle de ses émotions, de ses pensées. Parce qu’effectivement, à l’intérieur de lui, se menait un combat acharné. D’un côté, il voulait suivre l’idée d’Angèle... Juste pour elle, juste pour voir que ses proches allaient bien. Et en plus, sa curiosité le poussait aussi à savoir ce qui se passait à des dizaines de mètres d’eux. Mais d’un autre, il ne pouvait pas faire ça, égoïstement.
Alors, pour trancher, une chose lui revint en mémoire : il était le garde-chasse... Cela faisait de lui un membre du personnel, une autorité, avec des responsabilités à assumer. Et s’il y avait bien une chose à Poudlard qui était évidente, c’était que les professeurs, le personnel, le directeur, avaient pour devoir de protéger les élèves. Il était certain que si quelqu’un d’autre avait été à sa place dans la situation présente, il serait resté ici. Alors Angèle pouvait frapper, pouvait hurler, pouvait pleurer, pouvait faire tout ce qu’elle voulait, il ne craquerait pas. Nathan ne craquerait pas, même si le fait de considérer la demoiselle comme une élève relevait de l’irréel. Ca lui faisait... bizarre. Ne pas céder aux émotions, rester professionnel, c’était... C’était vraissemblablement quelque chose qui lui arrivait rarement en présence de la Serpentard. Mais non ! Il ne devait pas craquer, il ne pouvait pas craquer ! Parce que s’il arrivait quoi que ce soit à l’étudiante, c’était sur lui que ça retomberait. Ce serait de sa faute, parce qu’il n’aurait pas été capable de la protéger, comme en était son devoir.
Cessant de jouer avec sa baguette – ce qui lui arrivait souvent, et notamment lorsqu’il méditait ou s’ennuyait - tout aussi décidé qu’elle il y a quelques secondes, voire plus, il fit un pas vers elle, se rapprochant, presque menaçant.

« On reste ici. Il est hors de question que tu te jetes stupidement dans la mêlée. »

Il avait appuyé chacun de ses mots, plus particulièrement le « hors de question », le « stupidement » et la sentence « on reste ici ». Pour peu, il aurait ajouté : « Tu veux te faire tuer ? Bien, vas-y, cours rejoindre tes amis ! » Mais il était certain qu’elle aurait pris cela à la lettre, et qu’elle aurait profité de ce semblant d’autorisation pour exactement faire ce qu’il redoutait le plus. En attendant, maintes autres répliques lui venaient en tête, mais il n’en sortit aucune, de peur de dire le mot de trop, de peur qu’Angèle y voie, dans l’une d’elles, une chance de rejoindre le château. Et ce serait vraiment idiot que ça arrive, alors qu’il faisait justement tout pour qu’elle reste ici.
D’ailleurs, elle resterait ici, point. Il ne craquerait pas. Cette fois, il ne craquerait pas... Et le pire dans cette histoire, c’était que, comme elle qui était obligée de se répéter qu’elle était calme, il était obligé de se répéter qu’il ne craquerait pas. Et cela l’énervait grandement. Autant que ça l’énervait de ne pas pouvoir retenir la demoiselle. S’il ne la stupéfixiait pas, elle allait rejoindre ses compatriotes. Or, il ne pouvait pas la stupéfixier. S’il était obligé de protéger les élèves, il lui était aussi interdit d’user de la magie sur eux. Même si c’était pour les protéger... Oui, la vie était vraiment mal faite. Il suffisait qu’Angèle bouge pour qu’il bouge. Il avait beau répéter qu’il resterait ici, il n’en serait rien si elle s’en allait. Comment pourrait-il rester calme si Angèle était peut-être aux mains d’un Mangemort, sérieusement ?
...
F*ck fut le seul mot qui lui vint à l’esprit. Ce mot résumait parfaitement bien sa pensée... Il venait d’imaginer exactement ce que s’imaginait maintenant Angèle. Il venait de comprendre parfaitement ce qu’elle ressentait à être forcée de rester ici. Et tout son stratagème venait de se briser.
Ce qu’il détestait être humain. Trop d’émotions, trop de sentiments, toujours présents dans les situations désespérées. Il aurait bien aimé avoir un bouton « off » quelque part, histoire de se sentir bien quelques secondes. Au lieu de ça, il avait juste la capacité de prétendre qu’il ne ressentait rien, que tout allait bien, etc. Oui, prétendre, ça, c’était facile. Il n’avait qu’à se convaincre que tout allait bien, et... tout allait bien. Prétendre ne pas s’en faire. Prétendre qu’il allait bien. Prétendre qu’il n’avait aucun problème... C’était son domaine, prétendre. Ce n’était pas la réalité, mais c’était toujours mieux que rien. Oui, parfois, il préférait se voiler la face plutôt que d’avouer, de balancer...
Et présentement, il préféra prétendre qu’il ne ressentait absolument pas ce qu’Angèle ressentait. Parce qu’il montrait un tant soit peu que ça l’inquiétait qu’elle se retrouve seule là-bas, elle s’en servirait ! Elle s’en servirait contre lui, et il n’aurait plus rien pour la forcer à rester ici ! Oh, il pouvait toujours la plaquer contre un arbre, la retenir par la force mais... Elle trouverait un moyen de s’échapper. Et puis honnêtement, il n’avait pas envie d’user de brutalité. Pas envers elle en tout cas. Il avait toujours en travers de la gorge le fait qu’il ait perdu le contrôle, fin septembre, et cela malgré toutes les gifles qu’il avait pu se prendre. Il espérait ne plus jamais être violent envers elle... Il voulait se le promettre... Il aurait aimé se le promettre... Mais il ne pouvait pas prévoir.
Il jeta un bref coup d’œil à la Marque des Ténèbres, puis au château, aux tours, aux fenêtres, espérant y voir quelque chose... Mais rien. On n’entendait rien, on ne voyait rien, et c’était frustrant. Il aurait bien aimé, déjà, savoir s’ils étaient encore là. Il aurait bien aimé savoir si quelqu’un se battait déjà contre eux, ou s’ils se promenaient librement dans le château, semant le trouble et la terreur. Cependant, pas une lumière, pas une trace de sortilège. De la Forêt Interdite, on ne voyait rien de ce qui se passait à l’intérieur de Poudlard.
Nathan reposa alors ses yeux bleus sur Angèle, et continua à la fixer intensément, recommençant ce qui semblait être un duel de regard. Elle, elle essayait de lui faire comprendre qu’elle rejoindrait le château. Et lui, il essayait de lui faire comprendre qu’elle ne rejoindrait pas le château. C’était fou comme ils n’étaient jamais d’accord sur rien... Sauf que d’habitude, ce n’était pas aussi sérieux. Ce soir, on parlait tout de même de leur vie, à eux, mais aussi aux autres. On parlait de Mangemorts, on parlait de Marque des Ténèbres, et on parlait donc de mort. Et Dumbledore dans tout ça ? Toujours chez Rosmerta ? Ah, pitié ! Il allait quand même accourir à un moment. Pré-au-Lard n’était pas loin, et le crâne luisant devait se voir de là-bas... Enfin, pas lorsqu’on est à l’intérieur d’un bar à peu de fenêtres.
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Iliana E. Evans

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MessageSujet: Re: La tour frappée par la foudre. (Collectif)   Ven 6 Juil - 17:46

« Vous accordez beaucoup trop d'importance à la prétendue pureté du sang ! Vous refusez de reconnaitre que ce qui compte, ce n'est pas la naissance, mais ce que l'on devient ! »

Tout s'était joué dans une intervalle de moins de dix minutes. C'était difficile à croire, mais c'était bel et bien le cas. Si Iliana Evans avait quitté sa Salle Commune dix minutes plus tôt, elle aurait pu ne plus être de ce Monde à cet instant précis.

Bien entendu, pour le moment, elle l'ignorait. Elle était rentrée du repas dans la Grande Salle depuis un moment déjà, puis avait regagné comme de coutume les cachots de Poufsouffle. Elle s'était installée dans son fauteuil préféré, celui le plus à l'écart possible de la profusion de plantes quotidiennement renouvelée par le professeur Chourave, avec la bourre sortant d'un accoudoir, un livre sur les genoux. Au départ, elle s'était dit qu'elle ne resterait là qu'une petite heure, alternant lecture et discussion avec ses camarades, puis regagnerait son dortoir et tenterait de fermer un tan-soi-peu l'oeil de la nuit, bien qu'elle ait le sommeil léger en ce moment... Mais quelque chose l'avait empêché d'aller se coucher. Elle ne savait pas encore ni quoi ni pourquoi, mais ne tarderait guère à le découvrir.

Toujours confortablement pelotonnée dans son canapé, Lily jeta un vague regard à sa dernière vaillante compatriote qui remontait lentement les escaliers menant à leur dortoir. Elle était désormais seule. Parfaitement seule.

Tout aurait dû la pousser au sommeil, elle était exténuée et avait bien failli s'endormir en cours de sortilèges, lorsque Flitwick leur avait annoncé qu'ils travailleraient le même sortilège soi-disant "complexe" que lors des trois dernières séances - sortilège qu'elle avait personnellement réussi dès sa troisième tentative. Définitivement, les enchantements, c'était son truc. Elle avait également piqué du nez dans son assiette lors du dernier repas, jusqu'à ce que son aimable voisin ait la gentillesse de la tirer par les cheveux - un "PAS MES CHEVEUX!" des plus authentiques avait alors raisonné dans toute la Grande Salle - afin de l'extirper de là.
Oui, en ces temps troublés, et à cause de son cerveau irradié de fatigue, Iliana Evans aurait dû, en toute logique, roupiller depuis belle lurette, à cette heure-là. Et pourtant...

Et pourtant rien. Elle s'était écroulée en travers du fauteuil moins de dix minutes plus tard.

[...]

Elle ne saurait jamais vraiment ce qui l'avait réveillé. L'instinct, probablement. Elle savait juste qu'elle avait émergé subitement de son sommeil si réparateur, le livre toujours résolument pendu au bout de son bras, et qu'elle avait .

En réalité, elle le savait probablement depuis le début de la soirée. Elle avait décelé une atmosphère spéciale entre les murs du château ce soir du vingt-trois juin, une ambiance inexplicable. De peur qu'on la prenne pour une fille encore plus folle qu'elle ne l'était déjà, elle s'était néanmoins tue. Et elle le regrettait, maintenant.

Ce qu'elle savait moins, en revanche, c'est que cette stupide plante récemment installée devant la sortie de la Salle Commune lui avait plus ou moins sauvé la vie. En effet, s'étant aggripé à ses cheveux avec tenacité, le végétal avait poussé la demoiselle au combat pendant plus d'une dizaine de minutes. Une dizaine de minutes suffisante à Harry Potter et sa bande de joyeux lurons pour quitter la Grande Salle, après avoir averti tout le monde d'une patrouille de l'AD, ce soir-là, dans les couloirs du château. Imaginons un peu qu'elle se soit retrouvée près de ce fameux secteur... On l'aurait retrouvée en charpie...
Alors oui, pour une des premières fois de sa vie, Iliana Evans pouvait affirmer avoir eu de la chance (bien qu'elle n'en ait pas encore conscience). Mais ce serait probablement la seule fois qu'elle pourrait le dire au cours de cette soirée.

Une étrange impulsion la poussa à se lever hors de son fauteuil. Le livre glissa sans qu'elle y fasse attention de sa main droite, et vint s'écraser au sol dans un bruit étouffé. Elle se dirigea lentement vers une des fenêtres de la salle, et... comprit que quelque chose clochait. Elle ne savait pas encore quoi mais quelque chose ne tournait pas rond.
Enfilant ses pantoufles et passant un gros gilet sur ses frêles épaules, l'adolescente attrapa sa baguette et quitta le dortoir à sa lueur. C'était probablement de la folie, de la folie à l'état pur, mais elle devait savoir...

Sans plus attendre, elle remonta les quelques marches la séparant du hall d'entrée. Parfaitement désert. C'en était effrayant. Le château était parfaitement désert. Endormi. Ce n'était tout de même pas normal... Rusard n'était même pas là pour la réprimander et la menacer de la pendre au plafond par ses graciles chevilles...

Gagner le parc était parfaitement illogique, d'autant plus qu'elle était en pantoufles et en robe de nuit... Et pourtant, c'est ce qu'elle fit. Elle n'avait jamais été quelqu'un de très logique.

L'air frais de l'extérieur la prit aux tripes et lui grimpa à la gorge. Elle se sentit immédiatement revigorée et parfaitement réveillée, un peu comme si on lui avait jeté un seau d'eau à la figure. Tellement en forme qu'elle était à deux doigts de se mettre à procéder à son jogging quotidien, autour du lac. Enfin...
Plus encore que le climat anormalement froid pour pareille saison ou encore le ciel quasiment dépourvu d'étoiles, ce fut la Tour d'Astronomie qui la frappa le plus. Enfin, pas la Tour en elle-même. Non, plus ce qui se situait juste au-dessus...

Ils sont là.

Elle le comprit immédiatement. Ils étaient là, et ils avaient déjà fait une victime, sinon la Marque ne flotterait-elle pas ainsi dans le ciel.
Elle n'avait encore jamais vu la Marque. Elle savait à quoi elle ressemblait, bien sûr, et en avait déjà entendu parler... C'était un signe qui inspirait la terreur, agitait les foules. Un signe funèbre. Un soubresaut secoua son échine. Quelqu'un était mort au château... C'était inconcevable...
Elle pensa à tous ses amis, même les plus éloignés. Angèle. Nathan. La petite Juliet. Lou, Hayley, Killian, Noah, Azalée, Basil, Liam... Une série de noms et de visages défila dans son esprit. Clouée sur place, les bras crispés sur sa poitrine, elle perdit la notion du temps. Son cerveau était comme... déconnecté. Elle n'arrivait plus à faire la part des choses, faire le point. Rien de tout cela n'était logique, ce n'était qu'un cauchemar, rien d'autre qu'un très vilain cauchemar... Elle devrait cesser d'être parano comme ça...

Elle se mordit la lèvre. Au sang, comme à chaque fois qu'elle était anxieuse. Le contact du froid sur sa lèvre gercée fut la petite pique suffisante à la ramener sur Terre. Ah, oui, le climat n'était pas idéal pour faire un petit tour dans le Parc.... tenta-t-elle de songer avec décontraction. Vainement. Ses efforts étaient inutiles... Elle était en train de perdre le contrôle... Elle sentait déjà sa respiration s'accélérer. Oh, non, pas ça, pas maintenant...
Elle regagna le hall, sans doute dans l'espoir vain de remettre de l'ordre dans ses idées grâce à un climat plus vivable. Ou celui, mieux dissimulé, de se faire découvrir par Rusard pour se rendre compte que tout ceci n'était qu'un vilain rêve. A partir du moment où il l'emmènerait chez le directeur, de son sourire goguenard, alors seulement elle se rendrait compte que tout ceci n'était qu'un effet de son imagination... N'est-ce pas?
Elle n'y arrivait pas. Elle n'arrivait pas à s'en convaincre, pas plus qu'elle ne parvenait à ralentir ses pulsations cardiaques ou faire redescendre la pression montant sournoisement en elle. Pas ça, pas maintenant... implora-t-elle.

Bon. Pas de Rusard. Pas de Dumbledore non plus. Mais des Mangemorts, des Mangemorts grouillant dans le château... Et elle qui restait là, plantée en plein milieu du hall, les bras ballants ! ... Se rendant compte de sa situation pittoresque, Lily décida d'agir. Mais pour quoi faire?
Prévenir quelqu'un. Le convaincre, quitte à le traîner de force au pied de la Tour. Réaliser, avec un peu de chance, que tout cela n'était qu'une vulgaire supercherie, et aller se coucher, bien au chaud et à l'abri, dans ses draps... Ou sinon... Ou sinon...

Calme toi, Iliana, tout va... non en fait, tout ne va pas bien ! Tu vas mourir, bouge de là bordel ! Et fais quelque chose à la fin, au lieu de rester là les bras croisés ! Tu crois que tu sers à quelque chose, là, franchement ? Euh... Non. Ouais, action. Hum. Si elle avait bien compris, l'Ordre du Phénix organisait régulièrement des rondes au château... Inutile de prévenir McGo, donc... Ils avaient quand même bien dû se rendre compte de quelque chose... Bon, alors... Le Professeur Chourave. Parfait. Elle se sentirait honorée que Lily ait pensé à elle (bien qu'il s'agisse tout de même de la directrice de sa maison), et aurait, avec un peu de chance, deux trois filets du Diable miniatures à balancer à la barbe des Mangemorts. En admettant qu'ils soient barbus. Et que les filets du Diable puissent faire une telle chose. Pouah, elle n'y connaissait vraiment rien, en botanique...

Serrant son gilet un peu plus fort contre sa poitrine, la jeune femme emprunta une volée de marches, s'enfonçant à travers les étages du château, à la recherche du professeur Chourave. Et se demandant bien quoi faire d'autre.
S'il fallait se battre, elle le ferait. Même dans la petite robe blanche légèrement délavée qui lui servait de chemise de nuit, tout à fait. Et qui sait, le jeté de pantoufles pouvait peut-être s'avérer être une importante arme de destruction contre les Mangemorts... Ouais bon, tu divagues là, Iliana. Déjà que t'es une Sang-de-Bourbe, mais si en plus tu leur balances tes chaussons à la tronche, je ne suis pas sûre qu'ils vont apprécier la plaisanterie... Sont susceptibles ces monsieurs-là... Ce songe lui arracha l'ombre d'un sourire. Quasiment rien, et plus une vieille crispation du visage qu'autre chose, mais tout de même.
Iliana Evans était prête à en découdre...

... Ou pas. En tout cas, elle avait le fighting spirit à l'irlandaise...
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La tour frappée par la foudre. (Collectif)
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